Écrire durant le deuil : bienfaits, formes et conseils pratiques | Les Mots du Deuil

Comment écrire durant le deuil ?

Mettre des mots sur les maux

Face à la solitude des mois qui passent, écrire peut être une façon formidable de libérer le torrent d’émotions qui nous traverse et exprimer les souffrances les plus silencieuses. Comme l’écrit si bien Paul Claudel « L’écriture à ceci de mystérieux qu’elle parle… ».

Il y a plusieurs manières d’écrire après la perte d’un être cher, certains écrivent une lettre au disparu, écrivent des petits mots sur les branches de leur Arbre de Souvenirs, d’autres tiennent un journal de deuil tandis que d’autres encore préfèrent le format d’un dialogue écrit avec le défunt. Pour beaucoup l’écriture est devenue un rituel rassurant et sécurisant.

Dans tous les cas écrire et partager sa peine peut être d’une vraie aide pour traverser son chemin de deuil.

Ecriture traverserledeuil

Quelques conseils pour vous aider à écrire

Ecrire accompagner deuilIl n’est pas évident, ni toujours facile de se lancer, souvent on ne sait pas comment s’y prendre, cette appréhension est une limite qui peut vous priver des bienfaits que peut apporter l’écriture. C’est pourquoi, si vous avez du mal à écrire, nous vous proposons quelques questions qui pourront vous aider à initier votre démarche :

•    « Qui était cette personne qui me manque tant ? » Je vous invite à parler de sa personnalité, ses qualités, ses défauts, ce qui la rend unique à vos yeux.

•    « Quelle était notre relation ? » Quelle était la nature de votre relation, ce qu’elle vous apportait, ce que vous lui apportiez, comment elle a évolué au fil du temps, les moments difficiles, les jours heureux ?

•    « Que s’est–il passé ? » Racontez le récit des derniers moments, les circonstances du décès, l’accompagnement de fin de vie, le choc de la nouvelle ou encore la manière dont vous auriez voulu que cela se passe.

•    « Quels souvenirs, heureux ou tristes, me reviennent à l’esprit aujourd’hui ? » Quelle est votre manière de faire vivre sa mémoire ? Vos rituels ? Ce qui réveille vos souvenirs et ce que vous ressentez en le faisant.

•    « Qu’est-ce qui est le plus difficile pour moi aujourd’hui ? » Ce qui vous apaise, ce qui vous fait souffrir, essayez de mettre des mots sur ces émotions parfois si difficiles à saisir.

•    « Quelles émotions me traversent : le manque, la culpabilité, la colère, la tristesse, la paix, la quiétude, la confusion… ? » Pourquoi est-ce que je ressens cela aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a changé au fils du temps ?

•    « Où en suis-je aujourd’hui dans mon chemin de deuil ? » Moralement, dans votre rapport aux autres, dans votre vie de tous les jours ou encore concernant vos croyances.

•    « Quelles sont mes ressources, qu’est ce qui m’aide aujourd’hui ? Les accompagnants qui vous font du bien, amis, professionnels, voisins. Les activités qui vous aident à exprimer vos émotions, écriture, chant, dessin, musique.

J’espère que certaines de ces questions feront écho en vous et vous aideront à mettre des mots sur votre ressenti.

Partager un peu de sa peine

Il est parfois très aidant d’avoir un interlocuteur qui comprenne notre peine. Quelqu’un qui soit capable de nous soutenir sans jugement. Si vous le souhaitez, vous trouverez sur le forum l’écoute et le soutien dont vous avez besoin pour vous aider dans votre démarche d’écriture. Nous espérons que vous y trouverez des témoignages qui feront écho en vous et vous aideront à mettre des mots sur votre vécu de deuil.

 

Les bienfaits prouvés de l’écriture dans le deuil

L’écriture n’est pas qu’un soulagement intuitif : la recherche scientifique confirme ses vertus thérapeutiques. Le psychologue américain James Pennebaker a mené des études dès les années 1980 montrant que l’écriture expressive — écrire librement sur ses émotions profondes pendant 15 à 20 minutes par jour — réduit significativement l’anxiété, améliore l’humeur et renforce même le système immunitaire.

Dans le contexte du deuil, mettre des mots sur la perte permet plusieurs choses essentielles :

  • Extérioriser ce qui déborde : les émotions refoulées trouvent un espace où exister sans faire de mal.
  • Donner une forme à la douleur : nommer la souffrance la rend moins envahissante, plus gérable.
  • Préserver la mémoire du défunt : écrire, c’est aussi garder une trace vivante de celui ou celle qu’on a aimé.
  • Créer un lien apaisé : certains trouvent dans l’écriture un moyen de continuer à « dialoguer » avec la personne disparue.

Cinq formés d’écriture pour traverser le deuil

Il n’existe pas une seule façon d’écrire son deuil. Voici cinq formés à explorer selon votre sensibilité :

  • La lettre au défunt : écrire directement à la personne disparue, comme si elle pouvait lire. Dire ce qu’on n’a pas eu le temps de dire, exprimer sa colère, sa gratitude, son amour.
  • Le journal de deuil : un carnet intime, tenu au fil des jours. Sans règle, sans jugement. Simplement ce que l’on ressent, ce que l’on traverse. Une page par jour suffit.
  • Le dialogue écrit : écrire les deux voix — la vôtre et celle que vous imaginez du défunt. Cette forme peut sembler étrange au début, mais beaucoup y trouvent un apaisement profond.
  • Le recueil de souvenirs : noter les anecdotes, les gestes, les mots, les habitudes du défunt. Un carnet-mémoire pour ne rien oublier.
  • Le blog ou le carnet partagé : certaines personnes choisissent de rendre leur écriture publique, pour trouver une communauté qui comprend. Notre forum est un espace de ce type.

Ce que vivent les membres de notre forum

Des centaines de personnes sur le forum des Mots du Deuil ont raconté comment l’écriture les a aidées. Beaucoup décrivent l’écriture comme une bouée :

« J’écris à ma mère chaque soir depuis qu’elle est partie. Je lui parle de ma journée, de ce qui m’a fait sourire, de ce qui m’a manqué. Au début ça me faisait pleurer. Maintenant ça me fait du bien. »
— Témoignage issu du forum Les Mots du Deuil

« J’ai tenu un journal pendant un an après la mort de mon mari. J’aurais été incapable de dire à voix haute ce que j’écrivais. L’écriture m’a permis de traverser des émotions que je n’aurais pas pu exprimer autrement. »
— Témoignage issu du forum Les Mots du Deuil

Questions fréquentes sur l’écriture dans le deuil

Faut-il savoir bien écrire pour tenir un journal de deuil ?

Non. Le journal de deuil n’est pas un exercice littéraire. L’orthographe, le style, la grammaire n’ont aucune importance. Ce qui compte, c’est la sincérité. Votre écriture n’est destinée qu’à vous — ou à qui vous choisissez de la partager.

Combien de temps faut-il écrire chaque jour ?

Même 10 à 15 minutes par jour peuvent suffire. Il vaut mieux une courte session régulière qu’une longue écriture occasionnelle. Si vous n’avez rien à écrire certains jours, c’est normal. Reprenez quand vous en ressentez le besoin.

L’écriture peut-elle remplacer un accompagnement psychologique ?

Non, mais elle peut le compléter. L’écriture est un outil d’expression personnel, précieux et accessible à tous. Mais si la souffrance est très intense, un accompagnement par un psychologue spécialisé en deuil reste indispensable. Les deux peuvent coexister.

Que faire si on n’arrive pas à écrire malgré l’envie ?

Commencez par une seule phrase. « Aujourd’hui, tu me manques. » « Je pense à toi parce que… » Ou utilisez les questions proposées dans cet article pour amorcer l’écriture. Le simple fait de mettre une phrase sur papier ouvre souvent une porte.

Faut-il relire ce qu’on a écrit ?

Pas nécessairement dans l’immédiat. Beaucoup de personnes en deuil relisent leur journal des semaines ou des mois plus tard et y trouvent une trace précieuse de leur chemin. Certains ne relisent jamais — et c’est tout aussi valable. L’essentiel, c’est l’acte d’écrire.

6 réflexions sur “Comment écrire durant le deuil ?”

  1. J’écris chaque jour depuis 39 mois des pages et des pages dans mon journal de deuil, j’écris chaque jour ou presque sur un forum de deuil,j’ai écrit un texte sur les conditions de sa mort,un autre sur mon deuil ,un autre sur la dernière rencontre de mon groupe de parendeuil, je note précieusement les souvenirs qui me reviennent,je corresponds par mail avec 2 ou 3 mamans endeuillées, et j’ai très envie d’écrire un livre de mémoire sur et pour ma fille… malgré tout ça , la souffrance de son absence est toujours là….épouvantablement éprouvante…
    Je crois qu’écrire m’a sauvée…cela a donné une forme à mon infini chagrin, la forme des phrases que je compose inlassablement chaque jour…

  2. ..après plusieurs recommandations et après avoir regardé le magazine de la santé je me suis décidée à écrire pour me libérer et vider mon esprit de ses souvenirs que j’aimerais partager avec… mais l’autre n’a pas envie de revenir sur des souvenirs douloureux. j’ai parfois l’impression dêtre dans un rêve mais mon fils cadet est bien parti..

  3. STALLE Catherine

    Ecrire a été pour moi la soupape permettant un trop plein de douleur d’exploser en mon for intérieur.
    Un dimanche, alors que mon mari était hospitalisé, et que nous avions à nouveau eu de mauvaises nouvelles quant au traitement administré, une bouffée d’angoisse, de colère, de tristesse, de douleur m’a submergée. C’est en rentrant que j’ai éprouvé le besoin de communiquer et « d’étaler » ce qui était en train de m’étouffer. Je me trouvai sur mon site de FdB. La famille, les amis, les connaissances. Qu’importait ! j’ai vidé mon sac. Je n’étais pas seule, j’ai eu des réponses bien entendu mais pas de face à face. Ce face à face, je l’ai fait lors de la cérémonie de départ de mon tendre époux, un mois plus tard ! Depuis, et compte tenu des retours qui m’ont été faits, je n’arrête pas d’écrire. J’ai rejoint le forum où je peux m’étendre sur ma douleur et en même temps tendre une main à quelqu’un qui se trouve au creux de la vague.
    L’idée a fait son chemin en moi, celle d’écrire plus « professionnellement », tout en restant personnelle dans mes expressions. Je vais m’inscrire à un atelier d’écriture.
    Dans un premier temps pour me maintenir dans ce monde-ci avec une activité qui me permettra de rencontrer d’autres personnes et de mettre en place une continuité de vie.
    dans un second temps, si mes capacités dans l’écriture me le permettent de venir en aide à plus démunis devant la mise en mots des maux divers et variés que nous pouvons rencontrer.
    Ecrivaine en centre hospitalier ? pourquoi pas ? aider à extérioriser ce qui angoisse, ce qui étouffe, à transmettre à ceux qui resteront le message d’amour que tout un chacun porte en lui.
    Ce serait merveilleux pour moi….
    quelle revanche pour moi sur la maladie qui a emporté celui qui faisait était ma vie.
    Mais n’allons pas si loin. Commençons par le commencement !

  4. J’ai perdu mes parents à deux jours d’intervalle. C’est très récent. Ils nous ont quittés en décembre. Il y a un mois… C’est à peine croyable. Je suis dans un état très étrange. Entre pleurs qui explosent, grande fatigue…
    Et les souvenirs qui remont en à la surface. Alors j’écris sans trop réfléchir. J’exprime toutes sortes d’émotions.
    Je leur parle. Tantôt à Maman ,tantôt à Papa. C’est une précieuse et puissante qui ne modifie pas l’immense chagrin mais le canalise… Et ça ne fait que commencer…
    Merci de m’éclairer car c’est la première fois que je perds des très proches et ils sont partis en duo…
    Alors je suis déboussolée…

  5. Bonjour, j’ai perdu mon conjoint d’un cancers de la mollet pinière ,ce la fait un ans et demi, il me manque énormément, j’essaye d’avancer du mieux que je peut, mais sa me fait toujours souffrir, c’était une personnes gentil ,un confident, toujours prêt à aidé ,il était toujours positif, des fois c’est lui qui me bougai qui me poussait pour aller de la l’avant, à tout les deux ont faisait la pair ,je l’aimait ,je l’aime, et je l’aimerait toujours, c’est mon passé, mon présent, sans lui je me sent perdu, pommé, seule, affronter le quotidien n’es pas évident, prendre les décision seule c’est pas facile,mais j’avance un pas, je vie au jour le jour, tu me manque ,je t’aime,

  6. Bonsoir, j’ai perdu brutalement un collègue de travail, cela a fait 3 mois qu’il est décédé le 16 janvier 2022 mais je l’ai su que ke 18 octobre 2021 vers 8h45, il me manque énormément, j’essaie d’avancer du mieux que je peux mais ce n’est pas facile tous les jours mais je souffre beau ou de son absence, c’était un homme très gentil, drole, lui je me sens perdu,, affronter le quotidien n’es pas évident, je vis au jour ke jour sans toi

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