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Démarré par Stana, 04 Novembre 2015 à 23:16:34

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Stana

  Merci Qiguan. Oui, c'est ce que je fais, je pense aux bons  souvenirs, et je suis reconnaissante au destin de m'avoir permis de vivre tous ces moments heureux. La vie m'a souvent reservé le pire, mais aussi le meilleur. Ca me fait toujours du bien de me dire ça. Ignorer les mauvais souvenirs, c'est possible, et j e   continue sur ce  chemin. Ca se fait plus naturellement au fil du temps. Il m'arrive d'être agréablement surprise en me rendant compte que ces   beaux souvenirs s'imposent naturellement à moi à tel ou tel moment de la journée, sans que je l'ai décidé, et que je les vis avec naturel et tendresse.

  Oui, je viens de voire qu'on peux resté toujours connacté-jusqu'à ce qu'on se déconnecte évidemment-je risquerai moins de devoir réécrire des  textes importants!

  Comme il commence à faire meilleur (ça dépend des jours, mais il y en a quant même de doux et ensoleillés) je revois plus souvent mon meilleur ami, celui qui a survécu à un cancer de la gorge et a repris une vie à peu près normale. Je sais que cet hiver, il continuait à s'occupper de son association, mais il ne pouvait plus beaucoup passer de temps dehors, et il me manquait beaucoup. Pouvoir de nouveau discuter avec lui sur un banc, me fait chaud au coeur. Je vais sûrement beaucoup le voire ce printemps  et cet été. IL semble aller aussi bien que possible, il s'est bien adapté aux séquelles de sa maladie, je l'admire aussi pour ça. Il est toujours aussi gentil et attentionné envers les autres, au lieu de rester centré sur ses propres problèmes, comme feraient certains autres. Il a toujours été un exemple pour moi, et c'est plus que jamais le cas maintenant. Il n'y a pas très longtemps, je me suis encore confiée à lui, et, comme toujours, il a trouvé les bonnes réponses. C'est quelqu'un qui a toujours un effet apaisant sur moi. Même quand il n'est pas là, je pense à ce qu'il dirait, à sa philosophie de la vie, et ça a un effet positif sur moi. IL suffit même que je le vois de loin pour m'aider à relativiser telle ou telle chose.
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

Stana

  Et même sans parler de relativiser-ce qui serait impossible vis-à-vis de mes deuils par exemple, d'ailleurs je ne le voudrais pas-cet ami a toujours les mots qui conviennent pour aider à l'acceptation, à la sérénité....comme je l'ai déjà dis, c'est quelqu'un de très croyant-ce qui n'enlève rien à son ouverture d'esprit-mais il n'y a pas que ça: il a une approche à la fois positive et attentionnée, un peu comme avait Marie-France: je veux dire que sans minimiser quoi que ce soit, il n'a jamais non plus une attitude disons mélodramatique: ça se situe entre ces deux extrêmes que j'ai appris a fuir comme la peste. Gentillesse, empathie, et en même temps il transmet quelque chose comme une douce sérénité, je ne trouve pas d'autres mots...la dernière fois où je lui ai parlé d'un deuil, c'était juste après le décès de mon papa. Il m'a souris d'un air de compréhension et d'encouragement, et il m'a dit: "Hé bien, paix à son âme!" Il a ajouté qu'on  ne peux jamais savoir quand la mort surviendra, que ça peux arriver n'importe quand, à n'importe qui, qu'on ne peux pas faire autrement que de  l'accepter. Nous en avons parlé, j'ai èvoqué longue vie de mon père, les bons souvenirs, et, après cette discussion, je me sentais déjà plus lègère, malgrès la tristesse.

    Si j'avais perdu cet ami très cher au moment de sa maladie, j'aurais eu autant de chagrin que vis-à-vis de Jean-Louis et Marie-France, et je pense qu'il le sais. J'espère l'avoir un peu aidé durant cette période difficile. Bien sûr, je me serais rappelé de son approche, de sa façon d'envisager la vie, la mort...et ça m'aurais aidée, mais ça n'aurait pas empêché la douleur du deuil, c'est normal. J'espère qu'il vivra encore longtemps, entouré des siens. Au début, je n'osais pas lui parler autant qu'avant, parce-que j'avais peur qu'il me croit ègoïste, qu'il pense que je faisais passer mes problèmes avant les siens-ce n'est pas le cas, ce serait vraiment déplacé, sa santé passe en premier; je craignais aussi de le fatiguer, d'autant plus qu'il ne peux plus parler aussi facilement qu'avant. Maintenant que je vois qu'il s'est adapté, et qu'il apprècie toujours d'èchanger avec les gens, sur n'importe quel sujet, nous nous parlons avec autant de  naturel qu'avant. Nous avons de nombreux sujets de conversation d'ailleurs, et j'ai bien vu que ça nous  apporte quelque chose de bon à tous les deux.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

Stana

    J'ai remarqué récemment-et j'en ai été la première surprise-que quand je pense à ce qu'a été l'enterrement de Pierre, qui fut l'un des pires moments de ma vie, non seulement en raison du deuil, mais aussi de l'attitude inqualifiable des autres personnes présentes, je n'èprouve plus cette souffrance rétrospective qui est longtemps restée en moi. Les effets de ce traumatisme-là sont toujours présents et le seront toujours, comme ceux de mes autres traumatismes, et jamais je n'oublierai la terrible souffrance ressentie ce jour-là, mais ce souvenir ne provoque plus de souffrance ici et maintenant. Je ne veux plus y penser, de peur que les pires émotions se réveillent, mais quand certaines images me reviennent, et malgrès le sentiment d'injustice lié aux  circonstances de cet enterrement, je reste détachée de cette souffrance. Les beaux souvenirs de notre amour me  réchauffent toujours autant le coeur, et cet amour fera toujours partie de moi, omniprésent-je suis heureuse de le savoir-mais, sans même le faire exprès, une résilience  s'est installée concernant cette journée qui  a été l'une des pires de ma vie. Je peux savourer d'autant mieux "le meilleur" qui, lui, est toujours bien vivace dans mon coeur. Je tenais à partager cette évolution, que j'aurais crue impossible...mais qui l'ètait pourtant.

  Par contre, je sais que je ne dois jamais m'attarder à penser, ne serait-ce que quelques instants, aux circonstances de  la mort de Jean-Philippe, le pire souvenir de tous. Ces flashs pourraient revenir; je pense que ce traumatisme-là sera toujours vivace, et je dois en tenir compte. Le seul moyen est de bloquer mes pensées quand elles pourraient y revenir, et penser à toutes  les belles choses que nous avons vécues à la place; il y en a tant que je n'ai que l'embarras du choix, heureusement. C'est aussi une adaptation. Et, concernant ces deux grands amours, la meilleure chose à faire est d'èvoquer ce meilleur vécu ensemble, le bon côté, le merveilleux côté qui a fait partie de nos cheminements respectifs. Ces mots me sont venus tout naturellement au fur et à mesure que je les ècrivais.
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

Stana

  Je dois dire aussi qu'une fois que l'acceptation, ou une forme d'acceptation, s'est installée, les bons souvenirs me viennent souvent, en telle ou telle circonstance ou sans raison précise, sans que je m'y attende, ils sont, là encore, très naturels, et je les reçois comme un cadeau. Je ne les ressens jamais comme quelque chose  d'anodin, qui va de sois, je sais trop quel douloureux cheminement il faut traverser pour en arriver là; dans ces moments-là, je suis reconnaissante de pouvoir sourire spontanément en pensant à eux-et ça  inclut tous mes deuils, hélas nombreux-m'attarder sur ces beaux moments vécus sans que d'atroces images viennent les perturber. Je ne tiens rien pour aquis, je reste prudente, et c'est pour ça que je sais à quoi je peux penser consciemment ou non.  Je peux aussi parler d'eux, de temps en temps, avec d'autres personnes, èvoquer de petites anecdotes, parfois amusantes, ou des traits de caractères, goûts, etc...de ces êtres qui ont tant compté pour moi, compteront toujours. Ca aussi, c'est un  cadeau que je ne sous-estime pas.

  Un petit exemple, concernant mon deuil le plus  réçent, c'est-à-dire celui de mon père. Pas plus tard qu'hier, j'ai eu l'occasion de parler de lui au détours d'une conversation amicale. C'était tout simple, on parlait de  goûts culinaires à un moment donné, et j'ai dis que  mon papa apprèciait beaucoup tel ou tel plat, et même qu'il savait en cuisiner certains. "C'était un bon vivant, mon père", ai-je dis avec sérénité, et même une certaine fierté. POuvoir en parler de  cette  manière, non pas détachée mais affectueuse, sans souffrance  mais  au contraire beaucoup de douceur, m'a-une fois encore-surprise moi-même-en  bien. Quelque chose s'est installé, la même chose que vis-à-vis de  mes aimés, amis et copains partis avant lui. Je suis bien placée pour savoir que la nostalgie sera toujours présente, c'est le cas après chaque deuil (après? une partie de nous sera toujours en deuil, quelque part, mais il peux se transformé,                      depuis les souffrances des premières ètapes, en quelque chose de doux) , mais les bons souvenirs restent vivaces.

  C'était important pour moi de mettre toutes ces émotions noir sur blanc, et, comme toutes les autres fois, ça m'a fait du bien.
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

qiguan

Contente que tu puisses échanger à nouveau avec cet ami comme tu le souhaites
je t'embrasse
"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque" René Char