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Culpabilité dans le deuil : pourquoi on se sent coupable

Comprendre et apprivoiser la culpabilité, réaction normale dans le processus de deuil.

Pour celui qui n'est plus là

Démarré par Nora, 07 Mars 2015 à 19:58:42

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Nora

J'aimerais trouver un peu d'apaisement.

Mais non, décidément, les images sont toujours en boucle dans ma tête, les images de lui,  des derniers mois de sa vie qu'il a traversés dans la douleur et l'effroi.

Je vais raconter. Pardonnez moi à l'avance pour ce récit, il est difficile.

Il y a un an, il était déjà dévasté par la maladie. Début décembre, avant sa première chimio, les médecins m'ont annoncé la fin proche. Il s'agissait de faire vite, prévenir les proches à qui il n'avait pas eu le courage d'annoncer sa maladie, appeler sa fille avec qui il était brouillé depuis quelques années...

Il me manquait déjà. La morphine à fortes doses le faisaient s'endormir à tout moment, partout, il renversait tout, cassait tout, il ne gérait pas ses médicaments, en prenait trop, pas assez.... Je mettais le réveil à sonner toutes les 3 heures pour lui donner ses médicaments, de jour comme de nuit. j'étais déjà à bout de force, énervée, épuisée

La première séance de chimio, le fait de revoir sa fille ont apporté une accalmie. Il était physiquement très faible, ne marchait plus, ne mangeait plus, mais il avait retrouvé ses esprits, et nous pouvions échanger.

Nous nous sommes mariés le 3 janvier, concrétisant ainsi nos 20 années d'amour. Il ne pouvait pas aller à la mairie, pourtant proche, alors le maire est venu célébrer notre mariage à la maison.

Un petit comité, 8 personnes en tout, que les  amis fidèles, et pour la famille, ma mère, sa fille.

Ce fut une belle journée, gaie, emplie d'amour, une journée particulière, au bord des larmes, pleine d'émotion. Nous étions heureux .
Une cérémonie où les mots prennent tout leur sens, unis jusqu'à ce que la mort nous sépare. Un mariage pour la mort.

Nous avons été mariés 40 jours. Tout a été rapide ensuite.

La deuxième chimio n'a pas fonctionné, son état s'est dégradé  rapidement. Il était atteint de métastases osseuses, il souffrait atrocement, les fortes doses de morphine le faisaient délirer.
Nous étions placés sur liste d'attente pour obtenir des aides à domicile et l'had, j'étais donc seule pour gérer le quotidien, la toilette, etc ...

Une nuit, ses os se sont brisés, alors qu'il ne bougeait pas de son lit. Il fallait le faire opérer et j'ai dû me résigner à le faire hospitaliser, alors que je lui avais promis de le garder à la maison. 

Il m'en a voulu, il était en colère contre moi, hurlait qu'il allait porter plainte contre moi, essayait d'appeler la police.
Il me disait que j'essayais de me débarrasser de lui, il était fou de rage, il ne comprenait pas, plus, hébété par la morphine, il délirait.

Il est mort à l'hôpital, 15 jours après son hospitalisation. Sa colère contre moi ne s'est pas apaisée, il me rejetait, me rabrouait sans cesse, il y avait de la haine dans son regard, je n'avais plus le doit de le toucher, de m'en occuper. Il me disait que je l'abandonnais, alors que je passais 20 heures sur 24 à l'hôpital.

J'étais avec lui lorsqu'il a rendu son dernier souffle. Je lui avais demandé d'arrêter de lutter quelques heures avant.

Je lui ai répété, encore et encore que je l'aimais, qu'il était l'homme que j'avais toujours cherché, qu'il avait mon âme soeur, que j'avais été heureuse avec lui, ce que je lui avait dit déjà mille fois alors même qu'il me rejetait.

Il a atrocement souffert, et il n'est pas parti en paix, il est parti accablé de douleur, de colère contre la maladie, de colère et de haine contre moi.

Cette pensée me désespère, me hante.

Il manque terriblement, mais la douleur de ce manque est douce par rapport à celle de sa souffrance.

Je n'ai pas parlé de moi, mais je ne me souviens plus comment j'étais ces quelques mois., que j'ai traversés impuissante, comme une automate. Je me suis oubliée.

Merci de m'avoir lue.

Je vous embrasse

Nora

ichti

Nora bonjour ,
Ton récit est très dur , comme ton mari a du souffrir  c'est terrible , et comme tu as du souffrir et souffre encore !!!
La vie est vraiment injuste  !!
Je te souhaite beaucoup de courage  mon amie
Je  t'embrasse

Eva Luna

Quelle ultime preuve d'amour tu lui as donné en encaissant ses reproches , sa colère...accompagnant sans relâche sa peur, sa colère son effroi devant cette saleté de maladie...
en voyant encore et malgré tout..( la morphine, le délire, la haine apparente...) l'homme de ta vie avec tout son amour pour toi...derrière celui que la morphine a fait délirer...et tu es restée jusqu'au bout...
t'oubliant.. pour lui..par amour...
et après... le contre coup de tout ça te pulvérise du désespoir qu'il ait dû subir  "ça"...
les images te hantent..
Retourner voir le médecin qui l'a soigné , ou les infirmières...ou la psy du servie...pour en reparler ,mettre des mots sur des images indicibles...pourrait il t'aider à dépasser ces images de mort, de souffrances, de rejet , de lui si mal...pour enfin retrouver de belles  images de vous, et votre amour?
Je vous voyais bien lors de ce mariage si particulier, si intense en émotions, si beau...
Ecrire t'aidera...
c'est courageux d'avoir osé déposer ta triste histoire ici, pour nous...pour toi, pour lui...
ce que tu as vécu est aussi un traumatisme
Il est temps de t'occuper de toi...un peu...mais je crois que tu le fais déjà...

Avec toute mon amicale pensée...


milou

Chère Nora,
Comme je me retrouve dans ton récit
Mon mari a lutté pour rentrer à la maison, avec un courage incroyable. Seule, j'ai préparé son retour tout en continuant à travailler : lit médicalisé, aide à domicile etc...un cauchemar ...mais il ne voulait absolument pas rester au chu ni  y retourner,  à aucun prix. Je n'ai fait que respecter sa volonté, tout en sachant qu'il n'y avait plus aucun espoir. Nous n'étions plus dans le même rapport au temps et j'ai beaucoup pleuré en cachette à la maison.
Je passe sur les 10 jours  à la maison, avec des visites au chu.... Un enfer...
Et au retour d' une journée épuisante au chu, avec intervention d'une psychologie totalement à côté de la situation , température à plus de 41, trois appels en vain aux urgences, trois appels en vain à  SOS médecins, avant qu'on envoie une ambulance sans medecin, puis devant la situation, le Samu à trois heures du matin et je ne raconte pas la suite, trop douloureuse à exprimer.
Cauchemar et enfer en même temps.
Arrivée aux urgences : Protocole leoneti, etc.. je l'ai rassuré en lui disant qu'il recevait un nouveau traitement' alors que son agonie avait commencé .
C'est la seule et unique fois de ma vie que je lui ai menti et c'est notre dernier échange. Il a ensuite un peu déliré et nous avons attendu, avec mes enfants, son dernier souffle.
Chère Nora, je pense que ton mari exprimaît sa colère contre toi car il pensait que vote amour devait le protéger et donc il comptait sur toi comme il avait toujours fait par la passé.  Et il exprimait le refus total de se séparer de toi.
Vous deux, comme nous deux, avons été submergé et dépassé par une maladie beaucoup trop forte. Nous sommes désormais seule pour accepter notre impuissance.
En réalité, ton mari était en colère contre la maladie et contre la mort qu'il refusait de toute son énergie, comme mon mari.
Et comme il t'aimait, il s'est tourné vers toi. À qui d'autre pouvait t'il crier sà révolte ?
Chère Nora, je pense tres sincèrement que ton mari ne t'en n'a jamais voulu. Il n'a pas accepté  que vote amour soit impuissant face à l'inacceptable.
Je lis de belles pages sur l'accompagnement vers  la mort, la façon de se dire adieu, etc...mais cela ne correspond pas à ce que nous avons vécu.
Je garde en moi l'image d' un mari combattif, ne s'avouant jamais vaincu, comptant sur son moi en toutes circonstances, comme quelque chose de naturel.
N'ajoute pas à ton chagrin des regrets, de la culpabilité. Vous avez fait, tous les deux ensemble, comme vous avez pu, face à une situation atroce.
Je crois  que dans un couple uni, il y a parfois des moments difficiles où l'on se fait des reproches sans pour autant ne plus s'aimer mais  justement parce que l'on s'aime et qu'on attend beaucoup de l'autre.
Reçois la révolte de ton mari comme la certitude qu'il attendait tout de toi, y compris l'impossible. La violence de ses paroles venait de sa souffrance.
Je t'embrasse.
Milou

myla

Chère Nora
En passant sur le forum, je lis ton message.
J'ai le même sentiment que  Milou devant ton récit.

Ce n'est pas à toi qu'il en voulait mais à ton impuissance. Même ton amour qui jusque là lui avait permis de tenir ne pouvait plus rien. Il a retourné sa grande colère contre toi. Ton mari t'aimait très fort mais tu n'as pas pu le sauver.

j'ai aussi témoigné  comme d'autres,de ces moments douloureux pour nous, accompagnants qui avons tout fait et tant donné pour adoucir leur souffrance tant physique que psychique pendant ce long parcours à leur côté. j'ai aussi connue la grande dégradation de mon mari.  Cette colère retournée  contre nous fait mal. Tu n'as rien a te reprocher. J'espère que les images positives de votre vie heureuse prendra le pas sur cette image négative que tu as réussie à exprimer ici.

Ce forum est là pour exprimer, évacuer toutes ces images néfastes qui nous empêchent d'avancer

Je t'embrasse

Myla


Nora

Merci pour vos messages réconfortants.

Le personnel soignant a été formidable. J'ai été accompagnée, soutenue, tout a été fait pour son confort, la gestion de la douleur. Pour moi son retour à l'hôpital a été un réel soulagement car il me permettait de rester en retrait, et de ne plus être l'infirmière, l'aide soignante, l'aide ménagère, fonctions qui m'épuisaient et dans lesquelles, surtout, j'étais maladroite...
Je reprenais ma place.

Les infirmières, surtout, me soutenaient beaucoup. Elles m'ont expliqué que souvent les proches étaient rejetés par les personnes en fin de vie. Elles étaient émues par mon désarroi. Souvent, elles pleuraient avec moi, en cachette car elles doivent avoir du recul, mais c'était difficile pour elles.
Elles s'inquiétaient pour moi, me trouvant trop présente, trop seule pour supporter tout cela.Elles me forçaient à sortir un peu de l'hôpital, à m'évader un peu, à prendre soin de moi, me promettant qu'elles s'occuperaient de lui pendant ce temps. Je partais parfois boire un café et lire un journal pendant quelques instants, et j'arrivais à aller diner en dehors de l'hôpital avant de revenir y dormir.

Je n'ai jamais considéré que sa colère était vraiment dirigée contre moi, et j'ai appris depuis, pendant ces presque 10 mois de son départ, à considérer sa lutte, sa révolte, comme une preuve d'amour.

Cela rejoint vos propos.

Pourtant cela ne m'apaise pas. Je revois toujours la détresse, la douleur dans son regard. C'était l'être que j'aimais le plus au monde, il souffrait et j'étais impuissante à soulager sa souffrance. Je n'accepte pas qu'il soit parti de cette façon.

Merci à toutes et tous . Je sais que vous êtes nombreux à avoir vécu l'accompagnement, ultime preuve d'amour mais épreuve tellement dévastatrice.
Je n'étais pas armée pour supporter cela, mais qui l'est ?

Je vous embrasse

Nora

milou

Nora,

Puisque nous ne pouvons  rien changer au passé, que  cette souffrance partagée apaise un peu notre présent.
Avec toute mon affection.
Milou

Nora

Compte à rebours.
Chronique d'une mort annoncée.
Retour sur décembre 2014.

Puisqu'il faut user sa douleur, écrire, raconter, encore et encore, pour que les émotions s'émoussent , pour que la douleur devienne supportable. Je veux juste qu'elle devienne supportable.

Il y a un an je parcourais la pire période de ma vie, celle qui allait marquer à jamais mon existence.
Je dis la pire période, mais sans doute était-elle la plus intense que je vivrai jamais.

On dit souvent que la plus grande et belle expérience de la vie est celle qui consiste à donner la vie à un enfant. Pour moi qui n'ai pas eu cette chance, peut être  qu'elle aura été ce moment où je t'ai accompagné vers la mort.

Jamais je ne connaitrai à nouveau cet immense amour, celui que j'ai ressenti pour toi dans toute cette période que je savais ultime. Un amour sans limites,  désespéré mais sublime. Je t'ai tout donné, je me suis oubliée, mon coeur débordait.

Comment définir cet amour, je ne sais pas, je ne sais pas le décrire, je ne sais pas quel nom, quel adjectif lui donner.

De toute ta vie, personne ne t'aura aimé de cet amour là, il était unique. Je n'étais qu'amour pour toi.

Mon coeur déborde toujours, et maintenant j'étouffe, tu n'es plus là .Il ne me suffit pas de t'aimer mort.






agapimou

Nora, je suis fatiguée, je vais me coucher...

Mais je voulais te dire que grâce à toi et à nous toutes, grâce à tous nos témoignages, ce forum n'est pas un forum sur le deuil, mais un forum sur l'amour!

C'est bien d'Amour dont il s'agit ici, et on sent bien, en nous lisant, en nous écoutant, en partageant notre chagrin, que l'amour est la plus grande force de l'univers!
Nous avons aimé!....Gardons cette force d'amour en nous, elle est si précieuse!

J'espère que cette nuit va t'apporter un peu d'apaisement Nora, je t'embrasse,
Agapimou

milou

Nora,

Voilà une période bien difficile qui s'annonce. Comment trouver des mots qui pourraient t'apaiser, même un tout petit peu  ?

Je relis le récit de votre mariage, si émouvant. Peut-être appeler à toi ce souvenir à chaque fois que les images du mois de décembre dernier s'imposent à ton esprit.

Essayer de chasser doucement chaque mauvais souvenir qui se présente, et de le remplacer par un bon souvenir ? 

Mais il est tellement difficile d'accepter que l'on ne peut rien changer à ce passé qui n'est plus et à ce futur qui ne sera pas.

Je te remercie pour tes messages qui me touchent et m'apportent beaucoup.
Milou

milou

Nora,

Un petit signe pour te dire que je pense à toi.

Les images de la fin de vie de mon mari m'apparaissent sans prévenir et me font pleurer, à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit.

Alors je pense à toi, à ton dernier message. Ce n'est pas une consolation, juste la sensation de ne pas être seule.

Et ce manque de lui qui surgit à tout moment.

Et cette certitude qu'aucune autre relation ne pourra remplacer cette union, si intime, si naturelle, si évidente.

Que cette vie sans lui est difficile. Comme tu l'écris si justement, quelle frustration d'aimer un mort.

J'espère que ce début du mois de décembre t'apporte aussi un peu de paix.
Amicalement
Milou

Nora

#161
Milou,

Moi aussi je pense souvent à toi, à nos histoires qui se ressemblent.

Je continue à lire, mais j'interviens peu, je n'ose plus. Aujourd'hui le médecin du travail m'a proposé ( ordonné ? ) de retourner voir un psychologue pour évacuer ma trop grande douleur.
Je me sens démunie,  en danger,  et c'est difficile pour moi de venir en parler ici, de venir dire que 10 mois après ma souffrance est toujours aussi grande, que je me sens emportée par le tourbillon de ces images de fin de vie et le manque de lui.

J'aimerais tant apporter un message d'espoir. Cela viendra, un jour, sûrement .

Le mois de décembre, et les deux mois suivants seront difficiles, je le sais.

Le 10 décembre son anniversaire, le 12 le triste anniversaire de son décès, les " fêtes " de fin d'année qui s'annoncent solitaires  ( ma seule famille, ma mère ira à Noël chez des amis, il faut qu'elle passe un bon moment, je la préserve de ma douleur ).

Le 3 janvier sera notre anniversaire de mariage, un an.

Le 12 février son départ vers un monde que j'espère meilleur.

Ce début de mois de décembre vient aussi m'apporter une grosse déception. J'apprends ce soir - je m'en doutais mais cela m'a été confirmé - que sa famille restée dans son pays d'origine ne souhaitait pas avoir de contacts avec moi, éloignement, barrière de la langue, et leur deuil à traverser aussi, avec l'amertume de l'avoir " perdu de vue " pendant les 40 années qu'il a passées en France.

Cette famille je ne l'aurai pas non plus.

Il me reste à traverser cette période en restant droite, et digne, et à tenter d'entrevoir un semblant d'avenir. Si je ne le fais pas je suis perdue, rien ici ne me retient.

Trouver un sens à ma vie alors que tout, et tous, m'abandonnent. J'espère qu'un jour je serai en mesure de faire le constat que cette épreuve m'aura rendu plus forte, plus belle.

Je compte sur vous, compagnons et compagnes de douleur pour m'aider, m'apporter un peu de réconfort.

Je vous embrasse

Nora

agapimou

Bonsoir chère Nora,

Je voulais juste te dire que je viens de lire ton msg, que je t'embrasse bien bien fort, que je pense à toi!

Il est tard et je suis très fatiguée, je n'écrirai pas longuement, mais sache, chère Nora, que tu n'es pas seule, que nous t'entourons et que nous t'aimons, nous  toutes qui avons perdu notre amour, le pilier de notre vie!
Nous avançons ensemble, jour après jour, nous continuons la route, nous nous ressemblons toutes, nous sommes des amies, des soeurs...

Bonne et douce nuit chère Nora, nous sommes avec toi,
Agapimou

souci

   Chère Nora,

   Tiens bon.

   Ce n'est pas facile, non.

   Ne plus savoir à qui, à quoi s'accrocher ...

   Tu as eu une vie avant ton amoureux, et même si tu estimes que tu ne retrouveras jamais un tel bonheur ...
   Tu as cette richesse EN TOI, de l'avoir connu, tu es une Nora plus complète, et donc plus forte !

   C'est encore le temps de la douleur la plus terrible pour toi, ce premier Noël, l'approche des "un an" de la fin ...

   Je comprends et je serai là pour toi, n'hésites pas à écrire, je suis des fois en compote mais faut continuer de communiquer et de se soutenir comme on peut !

   Use et abuse des thérapies et soins de toutes sortes, fais-toi chouchouter !
   Et du côté de ton bénévolat au SAMU social, ça se passe bien ?
   Il faut que tu voies du monde ... avec ton mari vous étiez peut-être "trop bien ensemble", et donc tu dois te réhabituer à copiner ...
   Bien sûr, c'est le pain sec après le caviar, mais ... en attendant la prochaine pêche à l'espadon ! (c'est du "souci", voire du pâté gaumais: un peu lourd, un peu amer, pas convenable ... mais la vie fait pas de cadeaux, alors faut s'en faire !

   Eh oui, il y a un temps pour les violons, un temps pour la trompette (ho, c'est pour essayer de rigoler!)
   Martine-qui-fait-l'espiègle !
   

   

   

 

   

   

   

fleurdecoton

@ Nora

Tu es à 10 mois et tu n'oses en parler ? ... A 10 mois j'étais sous une vague de 100 mètres .... Parler écrire dessiner exprimer ce qui fait mal .... Ce qui fait souffrir ... En parler , encore ... Raconter encore et encore .... Ici nous savons , nous comprenons , nous jugeons pas ..... Ici , nous pouvons écouter , entendre cette souffrance , ici des mains, des cœurs  , des amis du silence t'écouteront... Te lirons ..... 

Nous sommes ici parce que nous vivions cette extrême fragilité de notre être  face à la mort de l'être cher ..... Nous sommes ici , pour nous soutenir ... Oh oui tu as peut être perdu des amis d'antan mais tu retrouveras ceux qui sauront t'écouter ....

Raconter la fin, encore et encore jusqu'à retrouver ce que vous avez construit ensemble .... Ces images de fin , nous les connaissons tous ... Nous les avons tous vécu .... Parler , les accoucher , mètre des mots ... Refaire le film , raconter tous ces moments.....

Se faire accompagner par des thérapies c'est important , l'art thérapie pour t'aider à exprimer ta souffrance ..... Ne t'isole pas ...



A bientôt