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L''émoticone de la tristesse insondable n'existe pas

Démarré par Emma1206, 12 Septembre 2016 à 11:07:03

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loma

Je ne connaissais pas l'EMDR, si ce n'est que de nom, j'ai suivi le lien donné par Qiguan, :
https://www.youtube.com/watch?v=a2z9uydo3x8 (
à essayer, cela ne dure qu'une douzaine de minutes, cela semble ridicule, on suit des yeux un petit ballon jaune, mais je me suis retrouvée en larmes, en sanglots devant mon écran au milieu de la séance, et apaisée ensuite, je pense que cela libère les émotions.
"si un jour je meurs et qu'on m'ouvre le coeur, on pourra lire en lettres d'or ... je t'aime encore"  William Shakespeare

Juju1234

Doudouzoe, l'équipe des soins palliatifs n'a pas eu le courage d'augmenter les doses jusqu'à provoquer le décès, ils me l'ont avoués entre 2 portes. Officiellement  ils me disaient ne pas avoir le droit d'intervenir sur une fin de vie. Et puis, un des médecins a finit par me dire la raison..j'essaye de ne pas y penser ca n'y changera rien
Un médecin aussi m'a parlé de l'EMDR pr les traumatismes psychologiques, je vais essayer, merci pr les liens internet.
Selena, moi aussi j'ai eu ce genre de pensées et voir tous ces couples et ces papas avec leurs filles... Le plus dur parfois, sont les amis qui sans se rendre compte disent des énormités, et plus le temps passe et moins l'entourage fait attention à ce qu'ils disent,  pour eux 8 mois c'est une éternité.  Parfois je suis tentée  de leurs répondre  vertement,  j'avoue le faire qqs fois mais ça ne me soulage même pas, je me rappelle immédiatement combien ils sont présents et gentils, mais voilà je suis  inadaptée à leur monde maintenant et  ils n'y sont pour rien.

Orfila

Ah. Comme je pense à vous en ce dimanche
Oui Séléna, moi non plus je ne peux pas dire ces mots ailleurs qu'ici.
D'ailleurs qui voudrait les entendre ces mots d'horreur pour qui n'est pas "au courant"

Même les médecins ils passaient en coup de vent avec leurs mots que je comprenais à peine
presque avec le sourire
pas le sourire gai bien sûr
le sourire de ceux qui savent qu'il n'y a PLUS RIEN
À FAIRE
et qu'ils feront en sorte que ça se passe le mieux
et puis hop ils avaient d'autres lits, d'autres malades, leur tour à faire, leur réunion

puis je vous dire
puis je vous dire
que je n'ai pas entendu
que j'ai entendu
mais que je n'ai pas entendu
répétez s'il vous plait
répétez-moi encore
j'entends mais répétez moi Docteur Docteur
Docteur!

Stana

 Bonjours Juju. J'espère qu'èchanger sur ce forum te fais un peu de bien. Tu sais qu'ici, nous comprenons tous ce que tu éprouve, nous savons ce qu'est un deuil, ce qu'on èprouve exactement, et que les personnes extérieures ne peuvent pas comprendre, pas vraiment. Tu peux t'exprimer autant que tu en èprouves le besoin.
  Tu as vécu une expèrience particulièrement traumatisante, puisqu'en plus de la perte, du manque incommensurables que représentent le décès d'un grand amour, tu as assisté à ses souffrances...et qu'en plus, tu as sus plus tard qu'elles auraient pus être vraiment soulagées  :'(
  Seul le temps pourra te permettre d'évoquer plus fréquemment-d'abord insensiblement, puis de plus en plus-vos plus beaux souvenirs que ceux si douloureux de sa maladie et de sa fin de vie. Ca peux prendre beaucoup de temps, personnes ici ne s'imaginera le contraire, ni ne pensera, comme le font tans de personnes "extérieures" que tu devrais commencer à tourner la page etc  ::) je ne peux que te souhaiter, de tout mon cœur, que ces petites embellies pour commencer arriveront dans pas trop longtemps.

  Oui je sais ce que dis, ce que pense l'entourage  >:( ils se disent qu'après tel nombre de mois, ça doit aller beaucoup mieux; pour eux la "page est tournée" , plus ou moins, ils ne comprennent pas que pour nous c'est tout différent, parce-qu'ils ne les aimaient pas comme nous. Huit mois ce n'est pas une éternité pour nous, ça aussi je le sais bien.
  Et oui, plus le temps passe, moins les gens prennent de précautions avec nous; la retenue, le respect de la douleur deviennent de moins en moins marqués, voire même plus du tout pour certains, puis pour beaucoup...mais nous nous savons. Comme tu dis, nous ne faisons plus vraiment partie du même monde qu'eux, nous n'avons pas la même notion du temps. Avec le temps nos impressions s'adoucissent, mais nous sommes toujours comme "de l'autre côté du miroir". Nous pouvons nous y habituer, et même le vivre le mieux possible avec le temps, mais beaucoup de gens ne nous comprendraient pas. C'est surtout ici qu'on peux vraiment parlé, c'est un fait^^
:-*
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

Emma1206

Un peu plus d'un mois....j'ai repris le travail. Manifestement ça me fait du bien de chanter, d'être sur scène...mais dans le même temps c'est ahurissant à quel point c'est dur. Je pleure tout le temps dès que je peux m'isoler.
Comment se comporter socialement? Je suis toujours sur une autre planète.
"ça va?"...question rhétorique...que répondre? Et si on essaie de mettre des mots, quel inconfort se peint sur le visage de nos interlocuteurs...et puis incongruité. Que la vie est pleine d'activités triviales! Et le monde qui continue de tourner...je ne peux pas m'empêcher de trouver cela scandaleux.

Emma1206

Hier ma fille a fait un dessin. Sous une pluie de pétales, elle se marie avec son Papa qui est à côté "dans sa boîte".
Sans commentaires

Orfila

Emma !!! Et tu as la force  d être sur scène....chapeau....moi je n ai plus d apparence et la voix ne peut que pleurer. Bravo

Juju1234

8 mois plus tard, je peux confirmer qu'affronter les "ça va" est toujours aussi insupportable, maintenant je réponds "et toi?" . Je confirme aussi que le malheur isole, tant moi que ma fille, les invitations sont font plus rare, c'est vrai que je ne suis pas très sortable, les conversations sur leurs prochaines vacances ou leurs petits tracas de la vie quotidiennes m'ennuient et les seules fois où je tente de dire à des proches "non ça ne va pas, ma fille fait des cauchemars, c'est dur à la maison" j'ai le droit à 2 types de réactions 1/ bon ben je te laisse, tu dois avoir envie d'être seule ou 2/ va voir un psy et prend des médicaments (si seulement c'était miraculeux)  L'autre jour, une "amie" m'a dit "alors, vous n'arrivez toujours pas ré organiser à 3 ? Ca fait plusieurs maintenant pourtant"... Je suis restée stupéfaite
Quel enfer
Ces derniers temps, je songe à aller voir un groupe de soutien . Y êtes-vous déjà allés  ? 


Doudouzoe

Cher juju, je vais voir un groupe de soutien le 3 octobre.
Regarde s il n y a pas une maison de la santé près de chez toi, ici à Rennes c est une réunion tout les premiers lundi du mois.
Je te dirais si cela me fait du bien.

Stana

Citation de: Juju1234 le 26 Septembre 2016 à 13:16:21
8 mois plus tard, je peux confirmer qu'affronter les "ça va" est toujours aussi insupportable, maintenant je réponds "et toi?" . Je confirme aussi que le malheur isole, tant moi que ma fille, les invitations sont font plus rare, c'est vrai que je ne suis pas très sortable, les conversations sur leurs prochaines vacances ou leurs petits tracas de la vie quotidiennes m'ennuient et les seules fois où je tente de dire à des proches "non ça ne va pas, ma fille fait des cauchemars, c'est dur à la maison" j'ai le droit à 2 types de réactions 1/ bon ben je te laisse, tu dois avoir envie d'être seule ou 2/ va voir un psy et prend des médicaments (si seulement c'était miraculeux)  L'autre jour, une "amie" m'a dit "alors, vous n'arrivez toujours pas ré organiser à 3 ? Ca fait plusieurs maintenant pourtant"... Je suis restée stupéfaite
Quel enfer
Ces derniers temps, je songe à aller voir un groupe de soutien . Y êtes-vous déjà allés  ?
Je suis indignée par l'attitude de ces personnes dont tu parles Juju, même si j'y ai eu droit de nombreuses fois moi aussi ça me coupe toujours le souffle  :o
  Quand une personne demande à une autre: "Ca va?", elle s'attend à ce que l'autre lui réponde "oui", afin de pouvoir passer à un autre sujet  >:( c'est une formule de politesse...et si la personne intèrogée ne répond pas de la seule manière adéquate (pour eux  >:(), l'autre parle d'autre chose ou abrège, par gêne ou, tout bêtement (c'est le cas de le dire) parce-qu'elle n'a pas envie de se "prendre la tête".
  C'est dans l'adversité qu'on reconnaît nos vrais amis.
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

christine75

oui bien d'accord avec Séléna, je n'ose même pas vous dire que je pense à la maman de mon mari que j'aime beaucoup mais qui est malade alzheimer depuis 10 ans, qui ne nous reconnait plus qui  a 92 ans et qui est tjs là dans son monde, la seule chose elle ne sait même pas qu'elle avait un fils parti il y a 5 mois.....Elle, est toujjours là et pourquoi faire me direz vous.....
ces pensées là , je ne les reconnais pas comme les miennes et pourtant je les pense , tellment je
suis en colère et malheureuse.....

:'(


Stana

  Oui Christine, lorsqu'on est en deuil on a des réactions qu'on n'aurait pas forcément eues autrefois, puisqu'il y a un "avant" et un "après". Je comprends que tu ai pus avoir ces pensées.
  D'un autre côté, cette dame ne souffre pas puisqu'elle ne sais pas...bien que personnelement, je prèfère mille fois la douleur à l'oubli-je me disais ça même quand j'èprouvais une souffrance difficilement supportable-oublier ce que mon compagnon et moi avons vécu serait, à mes yeux, la pire des choses. Je suis heureuse de l'avoir gardé dans chacune de mes pensées, et c'était déjà une consolation lors des premiers mois: on m'aurait donné la possibiliter d'"oublier" que j'aurais refusé.
  Je suppose que c'est pareil pour toi, donc je vois ce que tu veux dire.
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

séléna

Que dire des collègues féminines de travail qui se plaignent toute la journée de leur homme ... J'ai envie de leur crier "mais arrêter de râler, profitez-en de votre homme, vous avez bien de la chance de l'avoir, moi je n'en ai plus !"
Elles sont gentilles mais elles n'ont aucune décence, aucun tact !