Prenez soin de vous durant le deuil | Les Mots du Deuil

Prenez soin de vous durant le deuil

De nombreuses études démontrent que la perte d’un être cher à un impact direct sur l’état de santé physique et mentale. C’est ce qui a suscité, dès 1958, les premières recherches scientifiques sur le sujet — et leurs résultats ont été maintes fois confirmés depuis.

Une étude portant sur 12 522 couples a montré qu’il existait une augmentation significative de la mortalité chez les personnes ayant perdu leur conjoint. Ce risque est à son maximum entre 7 et 12 mois après le décès, puis décroît progressivement — mais reste supérieur à la normale jusqu’à près de 2 ans après la perte.

Ces chiffres ne sont pas là pour effrayer. La grande majorité des personnes en deuil restent en bonne santé. Mais ils nous rappellent une vérité essentielle : prendre soin de soi durant le deuil n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

Un risque de problèmes de santé accru pendant le deuil

Le deuil peut accroître les risques de problèmes cardiaques, d’hypertension artérielle, de maladies articulaires et inflammatoires (arthrite, douleurs lombaires ou cervicales), d’infections et de dermatoses comme le psoriasis ou l’eczéma. Ces pathologies sont directement liées au stress chronique — omniprésent dans les mois qui suivent un décès.

Le deuil peut également aggraver des problèmes de santé préexistants. Pris dans la douleur, on néglige les traitements, les rendez-vous médicaux, les gestes du quotidien.

« Chaque tourment possède son cri, là santé seule se tait. »
— Erik Gustaf Geijer

C’est pour l’essentiel dû à la modification des comportements : la personne en deuil mange moins, dort mal, bouge peu et peut chercher un soulagement dans l’alcool ou le tabac. C’est pour cela que l’hygiène de vie devient un pilier central du travail de deuil.

Les 4 piliers pour prendre soin de vous pendant le deuil

1. Le sommeil : priorité absolue

Les troubles du sommeil sont l’un des premiers symptômes signalés par les personnes en deuil. Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, cauchemars — le sommeil devient un territoire hostile précisément au moment où le corps en a le plus besoin.

Quelques repères pour retrouver un sommeil de qualité :

  • Maintenez des horaires réguliers de coucher et de lever, même les week-ends.
  • Évitez les écrans au moins une heure avant de dormir.
  • Créez un rituel apaisant : lecture légère, infusion, quelques minutes de respiration profonde.
  • Si les nuits restent très difficiles après plusieurs semaines, n’hésitez pas à consulter votre médecin.

« Si on veut tenir et ne pas s’effondrer, il faut trouver un moyen de dormir un peu. »
— Témoignage du forum Les Mots du Deuil

2. L’alimentation : nourrir le corps pour soutenir l’esprit

Perte d’appétit ou, au contraire, grignotage compulsif — le deuil perturbe profondément le rapport à la nourriture. Or, une alimentation déséquilibrée amplifie la fatigue, fragilise le système immunitaire et aggrave les états dépressifs.

Pas besoin de régime strict ni de performance nutritionnelle. L’objectif est simplement de ne pas se priver des apports essentiels :

  • Mangez à des heures régulières, même si l’appétit est absent.
  • Privilégiez des aliments simples mais nourrissants : légumes, légumineuses, protéines, fruits.
  • Hydratez-vous régulièrement — les pleurs et le stress déshydratent.
  • Limitez l’alcool : il procure un soulagement illusoire et aggrave l’état émotionnel à moyen terme.

3. L’exercice physique : le plus puissant des antidépresseurs naturels

Vingt minutes de marche rapide suffisent à améliorer l’état d’esprit pendant une heure et demie. Ce n’est pas une promesse — c’est ce que la science démontre depuis des décennies. L’activité physique libère des endorphines, régule le cortisol (l’hormone du stress) et améliore la qualité du sommeil.

Pendant le deuil, l’exercice n’a pas besoin d’être intense :

  • Une marche quotidienne de 20 à 30 minutes en extérieur.
  • Du yoga doux ou des étirements le matin.
  • La natation, le vélo, toute activité qui vous sort de chez vous.
  • Si bouger seul est difficile, rejoignez un groupe de marche ou d’activité physique.

L’essentiel est de commencer, même petitement. Votre corps s’en souviendra.

4. La gestion du stress : apprendre à respirer dans la tempête

Le stress du deuil est chronique : il s’installe dans la durée et épuise les ressources physiologiques. Des pratiques simples aident à réguler le système nerveux au quotidien :

  • La respiration profonde : 4 secondes d’inspiration, 4 secondes de rétention, 6 secondes d’expiration. Répéter 5 fois.
  • La cohérence cardiaque : 5 minutes, 3 fois par jour. Des applications gratuites guident facilement cet exercice.
  • La méditation de pleine conscience : même 10 minutes quotidiennes peuvent réduire l’anxiété et améliorer la qualité du sommeil.
  • L’acupuncture et les plantes médicinales : la valériane, la mélisse ou la passiflore peuvent aider à traverser les périodes les plus difficiles. Demandez conseil à votre pharmacien.

L’identification aux symptômes de la personne disparue

On remarque parfois un phénomène surprenant : certaines personnes en deuil s’identifient aux symptômes de la maladie de la personne disparue. Par exemple, une femme souffre d’un problème de gorge persistant alors que son mari est décédé d’un cancer de la gorge. Un autre présente des tachycardies depuis le décès soudain de son père.

Si vous vous reconnaissez dans cette description, rassurez-vous : cette identification n’est pas dangereuse et a tendance à disparaître avec le temps. Si les symptômes persistent cependant, consultez un médecin — non par peur, mais par soin envers vous-même.

Si vous souffrez d’une maladie chronique

Veillez à bien respecter votre traitement médical et votre régime alimentaire, même si la pesanteur du deuil mine vos efforts quotidiens. Les maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension artérielle nécessitent une prise régulière de médicaments et une hygiène de vie stable.

Prenez conscience que derrière d’éventuelles négligences peut se cacher un désir, plus ou moins conscient, de tomber malade à votre tour. Reconnaître ce mouvement, c’est déjà reprendre un peu de contrôle sur votre vie.

Le soutien émotionnel : une composante essentielle de votre santé

Prendre soin de soi ne se limite pas au corps. L’isolement aggrave tous les effets du deuil sur là santé. Cherchez du soutien — auprès de vos proches, d’un professionnel de l’accompagnement du deuil, ou au sein d’une communauté de personnes qui comprennent ce que vous traversez.

Des études montrent que les personnes qui bénéficient d’un soutien social solide traversent le deuil avec moins de complications de santé. Vous n’êtes pas seul(e), et vous n’avez pas à l’être.

Questions fréquentes sur là santé pendant le deuil

Combien de temps durent les impacts du deuil sur là santé ?

Les études montrent que les risques sont les plus élevés entre 7 et 12 mois après le décès, puis diminuent progressivement. La majorité des personnes retrouvent un état de santé stable dans les 18 à 24 mois. Mais cela dépend de nombreux facteurs : type de perte, ressources personnelles, soutien disponible.

Faut-il consulter un médecin systématiquement après un deuil ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent utile. Un bilan médical simple quelques mois après un deuil difficile permet de détecter d’éventuelles complications (tensions artérielles, déficiences immunitaires, troubles du sommeil sévères) et d’être orienté vers un soutien adapté si nécessaire.

L’alcool aide-t-il à traverser le deuil ?

Non. L’alcool procure un soulagement immédiat et illusoire, mais il aggrave les états dépressifs, perturbe le sommeil et peut rapidement devenir une dépendance. Si vous vous apercevez que vous buvez régulièrement pour vous anesthésier, parlez-en à un médecin ou à un professionnel de santé.

Le sport intense est-il déconseillé pendant le deuil ?

Pas nécessairement. Si vous avez une pratique sportive régulière, la continuer est bénéfique. En revanche, si vous n’êtes pas sportif, le deuil n’est pas le moment de commencer un programme intensif. Préférez des activités douces, régulières et plaisantes.

Vous traversez le deuil et vous sentez isolé(e) ? Des milliers de personnes partagent leur expérience sur le forum de deuil. Rejoignez cette communauté bienveillante — prendre soin de soi, c’est aussi ne pas rester seul.

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