L’arbre de souvenirs est l’une des formés les plus poétiques et les plus universelles d’hommage au défunt. Présent dans de nombreuses cultures et traditions à travers le monde, il permet de relier le souvenir de l’être aimé à quelque chose de vivant, qui continue de croître et de changer avec le temps. Comprendre ce symbole, ses formés et comment le créer peut aider à traverser le deuil avec plus de sens.
Qu’est-ce qu’un arbre de souvenirs ?
Un arbre de souvenirs est un espace — physique ou symbolique — dédié à la mémoire d’une personne disparue. Il peut prendre différentes formés :
- Un arbre physiquement planté : En mémoire du défunt, dans un jardin, un cimetière, ou un espace naturel. Une pratique de plus en plus répandue lors des obsèques écologiques.
- Un arbre décoré de souvenirs : Des photos, lettres, objets ou ornements accrochés aux branches lors d’une cérémonie ou d’un anniversaire.
- Un arbre numérique : Sur des plateformes dédiées, où la famille et les proches peuvent déposer textes, photos et témoignages.
- Un arbre généalogique des souvenirs : Représentation visuelle qui relie le défunt à ses proches, témoignant de la richesse des liens qu’il a tissés.
Quelle que soit sa forme, l’arbre de souvenirs remplit la même fonction fondamentale : donner un lieu au souvenir, un espace où l’on peut revenir, se recueillir, et maintenir un lien vivant avec la personne disparue.
Pourquoi l’arbre ? La symbolique du végétal dans le deuil
L’arbre n’est pas choisi au hasard comme support de la mémoire. Sa symbolique est profondément ancrée dans les traditions humaines depuis des millénaires.
La permanence. L’arbre vit bien au-delà d’une vie humaine. Planter un arbre en mémoire de quelqu’un, c’est confier son souvenir à quelque chose qui durera longtemps après nous.
La croissance. L’arbre continue de grandir, de fleurir, de fructifier. Cette image parle à l’endeuillé : la vie continue, elle se transforme, elle ne s’arrête pas.
Les racines et les branches. L’arbre tient debout grâce à ses racines tout en s’élançant vers le ciel — une métaphore du lien entre ceux qui restent et ceux qui sont partis.
La présence dans les cycles. L’arbre change avec les saisons — il s’endort en hiver et renaît au printemps. Comme le deuil lui-même, qui évolue avec le temps sans jamais disparaître complètement.
Dans de nombreuses traditions spirituelles — celtique, amérindienne, nordique — l’arbre est un axe entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Cette dimension symbolique continue de résonner, même en dehors de tout cadre religieux.
L’arbre de souvenirs dans le rituel funéraire contemporain
Face à la déritualisation du deuil — moins de veillées, moins de cortèges funèbres, moins de codes vestimentaires — les familles cherchent de nouvelles formés de rituel qui aient du sens pour elles. L’arbre de souvenirs répond à ce besoin.
On le retrouve de plus en plus dans plusieurs contextes :
La sépulture écologique ou en forêt
La tendance à l’inhumation naturelle ou à la dispersion des cendres dans des espaces naturels va de pair avec la plantation d’un arbre. En France, la loi encadre ces pratiques. La dispersion de cendres est possible en pleine nature (hors voie publique), dans des « jardins du souvenir » communaux, ou en mer. Certaines entreprises proposent des « urnes biodégradables » contenant des graines, qui permettent littéralement de faire naître un arbre à partir des cendres.
L’arbre lors des anniversaires de décès
Chaque année, à la date anniversaire du décès, certaines familles se retrouvent autour d’un arbre planté en mémoire du défunt. C’est un espace de rassemblement qui permet de partager les souvenirs, de lire des lettres, d’apporter des fleurs ou des objets significatifs. Un rituel simple qui reconnaît que le deuil ne se limite pas aux premières semaines.
L’arbre lors de cérémonies personnalisées
De plus en plus de familles intègrent la plantation d’un arbre dans la cérémonie funéraire elle-même — à l’église, au crématorium, ou dans un lieu choisi par le défunt de son vivant. Chaque proche peut déposer une pelletée de terre, un geste collectif et symbolique fort.
Comment créer un arbre de souvenirs chez soi
Il n’est pas nécessaire de disposer d’un grand jardin pour créer un arbre de souvenirs. Voici quelques façons simples de le mettre en place.
L’arbre décoratif intérieur
Une branche de bois flotté ou une petite branche séchée, plantée dans un vase rempli de sable ou de cailloux. Sur ses branchettes, on accroche :
- Des photos imprimées en petit format
- Des petits mots manuscrits sur des étiquettes
- Des objets légers ayant appartenu au défunt (médaille, boucle d’oreille, petite clé…)
- Des ornements de saison (à Noël, à la Toussaint, à l’anniversaire)
Cet arbre intérieur peut trouver sa place dans un salon, une chambre ou un couloir. Il devient un espace de recueillement quotidien, discret mais présent.
L’arbre dans le jardin
Planter un arbre dans son jardin en mémoire d’un proche est un geste durable et vivant. Quelques conseils :
- Choisir une espèce qui avait une signification pour le défunt (un cerisier s’il adorait les cerises, un rosier s’il cultivait des roses…)
- Associer les enfants ou petits-enfants à la plantation — c’est un rituel intergénérationnel fort
- Poser une petite plaque ou une pierre gravée au pied de l’arbre
- Marquer chaque anniversaire par une visite à l’arbre — observer sa croissance, y laisser un objet ou une fleur
L’arbre numérique
Pour les familles dispersées géographiquement, des espaces de mémoire en ligne permettent à chacun de contribuer à distance. Photos, textes, vidéos, anecdotes — ces plateformes créent un arbre de souvenirs collectif et accessible à tous, partout dans le monde. C’est aussi une façon de rassembler des témoignages de personnes qui n’ont pas pu être présentes lors des obsèques.
L’arbre de souvenirs pour aider les enfants en deuil
Pour les enfants, l’arbre de souvenirs est un outil particulièrement précieux. Concret et tangible, il leur offre un espace pour poser leurs émotions sans avoir à les verbaliser.
Un enfant peut :
- Dessiner ou écrire un message qu’il accroche à l’arbre
- Choisir lui-même l’ornement qu’il veut ajouter
- « Arroser » l’arbre comme une façon de prendre soin du souvenir
- Raconter des souvenirs assis sous l’arbre ou à côté de lui
L’arbre devient ainsi un tiers, un « réceptacle » où l’enfant peut aller déposer sa tristesse ou ses questions. Il donne au deuil une forme visible et accessible à hauteur d’enfant.
Se rappeler des bons moments — la fonction mémorielle
Le deuil n’est pas une période d’oubli mais de souvenir. Revisiter et relire l’histoire de sa relation avec un proche est une étape importante afin de réaliser son absence tout en honorant ce qui a existé.
L’arbre de souvenirs facilite ce travail en créant un espace de mémoire vivant. Il permet de distinguer deux choses que le deuil confond souvent :
- La douleur de la perte — le manque, l’absence
- La richesse du souvenir — ce que la personne a apporté, les moments partagés, l’amour reçu
Avec le temps, l’arbre de souvenirs peut évoluer d’un espace de deuil à un espace de gratitude — un lieu où l’on se souvient non plus seulement de la perte, mais de ce qui a été vécu.
Pour aller plus loin : Comprendre les étapes du deuil pour mieux accompagner ce processus de transformation.
bonjour, mon mari est décédé il y a 7 ans et je n’arrive pas a mis faire du tout malgré le soutiens de mes enfants. ils me dises toujours
ses du passé maman ont ne l’oubliera jamais vie le présent maintenant je ni arrive pas. rien a faire! que faire??
Bonjour madame Goulhot,
Merci d’avoir partagé votre témoignage, je viens de vous envoyer une réponse par mail, en espérant pouvoir vous aider.
Chaleureusement
Bonjour mais quel est votre prénom ?
Vous avez sûrement dû mettre votre nom d’épouse car vous semblez si attaché à votre mari. Mais vous avez aussi un prénom qui n’appartient qu’à vous et comme ce prénom qui n’appartient qu’à vous, vous avez une vie qui continue et qui n’appartient qu’à vous aussi. Sur votre route, à un tournant, vous allez rencontrer d’autres gens (que vos enfants) et votre vie continuera avec eux, amis, ou autre. Laissez un peu d’ouverture au hasard, au destin qui fait parfois si bien les choses, une étoile sera sur votre route, il faut continuer à y croire même si cela vous paraît difficile… Vous n’oublierez jamais votre mari mais ceci ne vous empêchera pas de continuer à vivre et à avoir des moments de bonheur, le seul bonheur d’être en vie… Courage, accrochez-vous… Cela vas arriver, je comprends votre détresse, je suis moi-même en deuil de ma mère et de ma sœur à huit mois d’intervalle en 2012 et je me sens si seule, je n’ai pas envie d’aller vers les autres et je n’ai plus de famille, ni enfants pour me soutenir et pourtant j’essaie d’y croire, de croire que la vie peut m’apporter encore de merveilleux moments, prenez soin de vous…
Martine.
Bonsoir,
Mon mari est décédé le 22 août dernier, j’ai perdu l’être le plus gentil qui soit, le plus tendre, le plus doux et le plus attentionné, je l’aime infiniment et j’ai besoin de
parler des derniers jours que nous avons vécu ensemble de lui et de tout ce qu’il était pour moi, pourrais-je un jour exprimer vraiment tout cela ??
dans votre phrase « Le deuil n’est pas une période d’oubli mais de souvenir. Revisiter et relire l’histoire de sa relation avec un proche est une étape importante afin de réaliser son absence »
Je n’arrive pas à me dire que maman est vraiment partie .. je n’arrive pas a dire ce que je ressens , je n’arrive pas a dire que malgré cette perte immense, je continue a vivre .. a faire des projets, a avancer … cela me semble contre nature .. et les émotions me submerge .. cela fait pourtant 3 ans .. mais la douleur reste intact …
mais peut etre que votre site peux m’aider …
le 10 octobre il y a 3 ans que ma soeur unique est partie ,je nárrive pas à me consoler
bonjour à vous ,
j’ai 57 ans , veuve depuis le 20.mai .2014 , mon époux s’est éteint après des années de lutte, je n’ai pas fait le deuil , ce qui m’a valu une hospi en psychiatrie du 22 juin au 30 juillet dernier à la demande de mes employeurs , j’ai mal vécu cette démarche qui soit- disant a été bienveillante , mais je reste habitée par la colère , ils veulent que je reprenne le travail seulement au 20 septembre prochain , ils décident pour moi, et sincèrement je crois que rester seule chez moi ne favorise rien quand à ma reconstruction …. j’ai un traitement très léger … la solitude me pèse , heureusement que votre site existe …je vois qu’il y a pire mais mieux aussi …
la séparation d’un etre cher est compliquée , tout en étant croyante , pas simple …merci de m’avoir permis de m’exprimer , bien que ce ne soit pas très limpide !!!!
au plaisir de vs lire selon votre disponibilité
isabelle
La perte d un enfant est insurmontable et impossible à oublier .sa présence est tjs là à chaque instant surtout après un suicide : trop brutal !!! .la maman ne peut pas remonter la pente ,tout s écroulé : la vie entièrement … Souffrance effroyable .l arbre du souvenirs reste dans le cœur de chacun famille et amis .
Mais je lis depuis peu votre site pour comprendre et avoir les commentaires d autres personnes
Merci .
Je viens de perdre mon mari de façon très brutale le 9 Mars dernier nous venions de lui fêter son anniversaire le 5 Mars pour ses 73 ans il avait une broncho pneumonie mais après une faute dû à l’hôpital ou il y est entré le lundi soir Il est décédé le mercredi matin malgré toute l’attention de mon Fils qui est avec moi je n’arrive pas à avancer car je n’ai pas eu le temps de lui redire que je l’aimais et être là pour lui tenir la main jusqu’au bout c’est trop dur.
Merci d’avoir pris le temps de partager votre vécu, je me permets de vous envoyer un mail à votre adresse mail avec des ressources et des contacts qui peuvent vous aider à traverser cette épreuve.Si vous en ressentez le besoin n’hésitez pas également à venir échanger avec d’autres personnes qui vivent la perte et qui pourront vous soutenir sur le long terme sur le forum d’entraide : http://forumdeuil.comemo.org/
Je suis de tout cœur avec vous,
Chaleureusement,