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C'est pas bientôt fini tout ce silence ?

Démarré par Faïk, 05 Février 2016 à 09:55:19

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Faïk

#1020
"Creuser des trous dans le jardin pour trouver un trésor, ça, c'est fait. Repeindre le chat, c'est fait. Relire les notices des appareils électroménagers, c'est fait. Vérifier que je ne deviens pas fou... »

J'applique les recommandations de mes contemporains dans ce temps confiné.
Reboucher les trous de potes (les absents) ... non, de taupes.
Lissage brésilien pour Shaun. L'a pas voulu.
Enrichir mon vocabulaire de gros mots. Chiabrena et ripopée ...
Vérifier que je ne suis pas folle. Ça c'est fait. Je ne le suis pas complètement.

Eva Luna

Juste assez fêlée pour laisser passer la lumière...

Faïk


Faïk

La la lala la... Écoutez la ballade de la désescalade
La douce sérénade, de la désescalade
Contre la fanfaronnade de l'absurdité... La la lala...

Demain sera un autre jour.


Faïk


2 mois de trou noir, de manque, 2 mois à regarder, écouter la bêtise et le manque d'empathie. Deuilleuse au long cours, complètement TAGuée, coincée entre Charlie et Snoopy...


Ophelia

Apres 12 ans c'est dans le silence que je me sens mieux entre moi et moi ,moi et lui.
Le silence du flot de mes pensées,  le silence de mon téléphone
Y a des jours ou je veux juste ça du silence.
Meme si parfois il est assourdissant.

Eva Luna

Moi je reste symptomatique.
Pas de l'intelligence ...mais du chagrin du deuil...

Eva Luna

Un trou noir de 2 mois, collé à tous les autres trous noirs...ça fait un gigatrou noir.

qiguan

je voudrai bien te donner une échelle pour t'aider à remonter des trous noirs ...
mais ...  ::)
te faire peut être la courte échelle ? 

une ornithorynque deuilleuse TAGuée aussi ... compagne de snoopy  ... souvent
"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque" René Char

Faïk


Faïk

#1030

Confinements ... François Morel


Je me souviens, le premier confinement, je ne l'avais pas mal pris. Il avait fait beau, on mangeait dehors. Je dinais à heure fixe, ça me changeait. Je réussissais à perdre du poids. J'écrivais. J'ai travaillé mais de manière différente. J'ai regardé des séries. Et puis surtout, j'ai profité de mes proches. Ce fut une parenthèse pas désagréable. Tous les soirs à 20h, comme tout le monde, j'applaudissais le personnel hospitalier. Je me disais que ce n'était pas si mal un pays qui, plutôt que son économie, privilégiait notamment la vie de ses vieux.

Le deuxième confinement, j'ai moins aimé. D'abord, plutôt que vers le printemps, on allait vers l'hiver. On était un peu démoralisé. On se demandait combien de temps ça allait durer, s'ils allaient bientôt réussir à trouver un vaccin. Le soir, à 20h, on n'applaudissait personne. C'est pas quand on met les radiateurs qu'on va ouvrir les fenêtres en grand.

Le troisième confinement, c'est là que l'explosion de la vente des chiens a explosé. C'était encore le meilleur moyen de justifier les promenades en forêt. Ceux qui n'avaient pas les moyens de s'acheter un chien s'achetaient juste une laisse. Quand ils croisaient des gendarmes, ils se mettaient à courir la laisse à la main en criant Sultan ! Sultan ! Reviens ! Reviens Sultan, reviens !

Le quatrième confinement, c'était l'anniversaire de la mort de Samuel Paty. Certains ont eu l'idée, (ça partait d'une bonne intention),  d'applaudir tous les soirs à 20H les professeurs des écoles, des collèges, des lycées. Ça a fait des polémiques. Certains ont pensé que ça pouvait passer pour une provocation.

Le cinquième confinement, je ne m'en souviens plus trop. Je crois que j'ai commencé à boire le premier jour et je suis resté torché pendant les six semaines. Je buvais. Parfois, je vomissais pour faire de la place. Puis je rebuvais...

C'est surtout à partir du sixième confinement que j'ai repris du poids.

Je me souviens que entre le septième et le huitième confinement, je ne suis même pas sorti de chez moi, j'avais perdu l'habitude.

Pendant le neuvième confinement, en ouvrant la fenêtre, j'ai le voisin d'en face qui travaille dans le BTP qui m'a crié « Vu votre nouvelle silhouette, vous devriez peut-être faire élargir vos portes au cas où vous auriez envie de ressortir de chez vous entre les deux prochains confinements. « De quoi je m'occupe ? » j'ai répondu en refermant la fenêtre.

Le dix-septième confinement, je me souviens, on a regardé plein de films, des vieux trucs, des comédies sentimentales. Les enfants étaient quand même étonnés, ils ne comprenaient pas quand ça finissait bien, pourquoi le monsieur et la dame, se sentaient obligés de se frotter la bouche l'une contre l'autre, parfois même de sortir la langue en guise de contentement ? « C'est dégueulasse, ils disaient, c'est pas hygiénique et puis ça sert à rien... »
On ne leur répondait pas trop, on avait peur de passer pour des parias, on avait de la nostalgie...

Voilà. J'arrive bientôt à mon vingt-troisième confinement. D'une certaine manière, ça passe vite la vie confinée quand on est dans la torpeur.
Pour les jeunes, on est des dinosaures. Ils nous demandent « Mais avant quand ça n'existait pas les confinements, qu'est-ce que vous pouviez bien faire toute la journée à traîner dehors ? Et pourquoi vous étiez obligés d'être en présentiel pour prendre un apéro avec des potes alors qu'avec Zoom c'est tellement plus pratique ?»
On fait comme si on n'entend pas.
On attend la nuit pour pouvoir faire des rêves de baisers, de poignées de mains, d'étreintes, de terrasses, de cinémas, de théâtres. Nos rêves d'aujourd'hui, c'était le quotidien d'hier.
         



Eva Luna

Ah, ça me fait sourire tout en me déprimant...
signe d'une chronique qui tape juste...

qiguan

"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque" René Char

Faïk

#1033
Un petit tour pour lire un journal ami...Et me voilà cueillie, gorge serrée et cœur entristé ...

Plusieurs vies ... Je suis toujours l'enfant, la petite fille aimante, l'ado amoureuse et cette jeune femme radieuse avec toi, avec nos p'tits bouts qui filent, qui filent vers l'avenir ... Je suis tout cela à la fois . Et seule et disponible pour y penser et pleurer, toutes seules et une à la fois ...

Anic

" Nos reves d aujourd hui c etait le quotidien d hier "
Oui, c est ca, le confinement mais aussi et surtout le deuil ...
Bien a vous.
Anic
"Gardons vivant ce que nous avons frole ensemble de plus haut" Christiane Singer