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Tu me manques tellement

Démarré par milou, 06 Février 2016 à 06:47:58

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milou

Coco,

Il ne s'agit pas de force, mais de temps.
Ne pas vouloir être demain avant d'avoir fini le jour qui est là, ne pas attendre toute la nuit que le matin arrive.
Chaque heure qui commence est un defi à relever pour atteindre l'heure suivante.
Chaque pas s'accomplit sur un chemin inconnu, fait de peur, de regrets, de souvenirs, de larmes, de fatigue.

Parfois, la lassitute est telle qu'il faut prendre une main tendue pour ne pas s'arrêter, s'asseoir et ne plus bouger.
Parfois, on ne peut même plus voir cette main tellement le chagrin brouille la vue. Il faut laisser passer la sidération, laisser couler les larmes, laisser hurler la peine, avant d'être capable de l'apercevoir et la saisir, comme on s'agrippe  à une bouée de sauvetage, hors d'haleine.

La mort d'un être  essentiel à sa vie est un terrible rappel à la fragilite de la vie.
Elle nous replace face à notre solitude profonde et nous demande de redéfinir toutes nos priorités, toutes nos croyances, toutes nos certitudes. Elle nous fait redécouvrir notre monde et le voir avec d'autres yeux. C'est un temps de remise en question totale.

Un long temps de chagrin, de doutes, de larmes que nous partageons sur ce forum, chacun avec nos émotions et nos mots.

Milou


Faïk

Cette douleur...
Milou l'a si bien exprimée, dans la douceur, toujours...
Les mots apaisent... à écrire et à lire...

Je pense à vous

Noëlle

Oui, Milou, Faïk, c'est exactement ça ... je n'ai rien à rajouter...
bien à vous
Noëlle

Coco2310

Merci Milou
Aujourd'hui cela fait exactement deux semaines et je crois que je n'ai jamais été aussi mal depuis la mort de ma mère
Merci pour vos mots

milou

Ce matin, soleil lumineux.
J'entends nos voisins et voisines.
Ceux qui ne disent jamais bonjour, tu te souviens ?
Grand bruit dans la rue : voitures, éclats de rire, conversations bruyantes...
Comme une nécessité d'étaler leur vie au soleil, de montrer qu'ils sont heureux, occupés, complices, amis, que leur vie est tellement interessante qu'elle concerne tout le monde.

Cet étalage, bruyant et impudique, m'aurait vrillé  le coeur, il y a quelques semaines.

Ce matin, il me laisse totalement indifférente. 
Je te parle et nous sourions ensemble.
J'écoute les poules caqueter et les coqs faire les beaux au milieu de cette basse cour sonore.

Je leur souhaite, à tous et à toutes, de ne jamais être foudroyés par un cancer, un accident, un suicide...
Mais je suis certaine d'une chose, si un jour un tel malheur devait leur arriver, la rue redeviendrait silencieuse et calme, car ces amis et complices des jours heureux disparaitraient  vite fait, comme des poules fuyant le renard....

Je ne suis pas triste ou aigrie de cela, mais toujours et encore étonnée de la totale indifférence de notre monde à la mort et de l'irrespect que cette indifférence créé à l'égard  des endeuillés.

Lorsque j'étais enfant, dans notre village, certes rempli de cancans insupportables, une telle attitude devant une maison en deuil aurait choqué. Et gare à nous, les enfants, s'ils nous prenaient  l'envie de jouer devant le pas de la porte.

Mes chers voisins,  je vous laisse à votre samedi, apparemment et bruyamment si heureux.

Je m'en vais penser à toi, mon cher et tendre époux, dans le silence qui me devient si cher et si nécessaire.

Le bonheur ne s'étale pas. Il se partage, comme le chagrin.

Je vous embrasse, et particulierement les mamans orphelines de leur enfant.

milou

Eva Luna

Le bonheur ne s'étale pas. Il se partage, comme le chagrin.

oui...

Coco2310

Oui mais pour le partager il faut au moins être deux...
Les voisins, l'entourage vont comprendre et compatir deux jours mais après la vie continue
alors que nous, nous sommes dans notre terrible douleur que rien n'apaise   

piera

Chère Milou,
Le bonheur n'a pas besoin d'éclats, et ton bonheur à toi est maintenant tout intérieur !
J'ai appris à le reconnaître, j'ai appris à le ressentir et aucun bonheur étalé ne me rend envieuse, je suis encore abreuvée de notre amour. La mort m'a appris l'intériorité et sa puissance, elle m'a appris l'écoute aussi de ce qui est essentiel et l'étalage n'est qu'une surface, un vernis qui ne me leurre plus.
Oui silence, recueillement, dans cet amour puissant et dans ce manque abyssal qui me rendent maintenant si exigeante avec le vrai.
Tendrement avec toi.

Faïk

Avec vous toutes ... dans le bruit et le silence.

loma

Milou, je te lis et  je partage, ... dans le silence
loma
"si un jour je meurs et qu'on m'ouvre le coeur, on pourra lire en lettres d'or ... je t'aime encore"  William Shakespeare

milou

Mon homme, mon grand,

Reviens me chercher.
Je suis là, je n'ai pas bougé, je t'attends.

Tu m'as oubliée ici en partant.

Reviens et emmène moi avec toi.
Milou

Nora

#56
Moment d'intense chagrin au coeur de la nuit.

Incrédulité et découragement. Comment peuvent ils ne plus être, alors que nous sommes ?  Comment, et pourquoi vivre sans eux ?

Lieu d'immense solitude où personne ne peut nous rejoindre.

Pas de mots, mais je connais l'endroit où tu es.

Je me tiens près de toi, je pense à toi, tu le sais.

Nora

Faïk

Il n'est plus, et je ne le suis guère non plus ...

Je pense à vous

Noëlle

Lorsqu'on a su qu'il allait partir, je lui ai demandé de m'emmener avec lui. Si nous avions eu la certitude que de "l'autre côté du voile" nous nous retrouverions, certainement que nous aurions aimé partir ensemble. Et aujourd'hui, je le supplie souvent de venir me chercher, mais je suis encore là, comme vous, à attendre... à côté de la vie.
bien à vous
Noëlle

piera

Oh Milou,
Ton appel me fend le coeur!
Moments de découragement, de désespoir, cyclique!
Il ne t'a pas oubliée!!
Je suis convaincue qu'ils ne nous ont pas oubliées!
Ils ont dû partir, s'en aller, s'arracher à notre amour, je suis sûre que ce fut une grande violence aussi pour eux!
Je ne sais pas comment te consoler parce que moi aussi je l'attends, je l'invoque inlassablement, encore et encore!
Je t'embrasse tendrement.