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ce deuil pour les autres

Démarré par souci, 24 Juin 2015 à 07:23:38

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souci


   Rester pour ceux dont nous sommes solidaires, rester et lutter pour ceci, se battre contre cela,
   rester après une telle négation c'est déjà fort.
   Tu es là Romane, tu restes et je suis sûre que ça emmerde "le suicide".
   Pensée bienveillante pour ta petite famille, y compris Tom pour toujours. M.

souci


    J'ai déjà lu : l'autre n'est pas un médicament.

    Bravo quel produit de l'intellect psycho-docto-émulsifiant d'avoir pondu ça ...

    Bon, votre Souci à lunettes du fond de l'amphi va encore en lancer une:
    le médicament n'est pas l'autre.

    Souci, t'es carrément une emmerdeuse, essaie le yoga, la plongée sous-marine, vas à Oulan bator pour les fêtes ... y a du super soleil là-bas, et pas de moustiques. Et prends ton foutu tricot avec puisque ça te calme, le tricot. Tu es une grosse conne, après tout, tout ça devrait te faire du bien.

    On essaie tous je crois de pas "virer zombie" après la mort de quelqu'un qui nous donnait notre oxygène ... qui représentait notre confiance en la vie ...
    Faire "sans": des bricolages ... des pensées plus ou moins magiques, tendues de part et d'autres des pôles du désespoir et de la folie ...
    La vie d'avant m'est aussi impossible à continuer que de porter un vêtement après qu'il soit ressorti tout rétréci de la machine à laver.
    Heureusement, dans notre famille, tout choqués qu'on est tous, on reste gentils les uns avec les autres on fait front commun.
    Il n'y a jamais eu de "grosses embrouilles" et c'est pas maintenant, avec l'énormité de ce qui est arrivé, qu'on va commencer à chipoter.
   
    Solidarité mexicaine, ma famille VOUS est ouverte à travers moi ...
    Comprenne qui pourra ... M.

Eva Luna

Moi j'y pense souvent, entre tes lignes.. aux parents de Kalahan...

souci


    Eva, ouf, quelqu'un qui ne voit pas "que moi" ...
    La famille est large et ouverte ... pas de badge, pas d'étiquette, on se reconnaît c'est tout ... salut d'ici ... du fin fond de la colonie ... presque au retour à l'état sauvage ... je ne sais pas comment je suis perçue ... je suis si triste et désabusée, tout au fond ...
    Mais il faut concilier les inconciliables, c'est notre lutte, notre justification de la condition humaine.
    Pensée vers toi, Eva  ;)

souci


    Hum, quand le cafard arrive et qu'en plus c'est la fin de l'année ...
    ça sent l'auto-médication au ballotin de pralines ...
    chocolat, came en vente libre et péché mignon ...
    Moindre bien ...
    Moindre vie moindre tout ... moindres ... modestie de tout ce qui s' amenuise . Trompeusement, car il est des choses grandes et primitives, qui ne se sont point résolues à se résorber.
    Caramel, t'as les pattes et ta petite tête couleur chocolat, t'es mimi en diable toi ... non, je te mangerais pas si t'étais en chocolat !
    Encore du chocolat, encore de l'eau, encore un peu de vie, de résidu.
    Que peut donner cette bouture ?
    Végéter, rabougrir, donner une dernière fleur ?

souci


    Docteurs blouse rose et blouse bleue sont bien impuissants à améliorer mon "état".
    Je crois que la balle reste souvent coincée dans le camp du patient, et qu'on peut toujours s'amuser tout seul, ça vaut mieux.
    Qui donc trouverait cela amusant !
    Ah, comme je comprends mon Kalahan, certains soirs ...
    "Le suicide n'est pas une maladie" dixit Dr blouse rose.
    Autre manière de dire qu'ils n'ont pas à soigner "ça", que c'est impossible, que c'est seulement un choix posé puis basta ?
    Dr blouse bleue a "tiqué", quand même, lors de l'entretien, quand j'ai mentionné le fait que tous mes symptômes s'étaient multipliés force 3, au décès d'un ado, chez mon frère, un suicide ... il a fait une "tête", a jeté les yeux en arrière ... est-il "papa", je n'ai pas demandé ...
    Je suis une bouture à reprise négligeable, un horticulteur aurait vite fait de me taper au compost.
    A propos, les sangliers ont déjà commencé de retourner la pelouse à qui mieux-mieux.
    J'ai pas faim. Je passerai une grande partie de la "journée" près de la porte-fenêtre, avec notre petit paysage et mon précieux doudou de deuil, Caramelo of course.
    Je ne me plains pas. A quoi bon.
    Si vous passez par ici, plongez dans le kilo de Godiva, ça me fera plaisir ... ils sont si bons, les Godiva ... prenez, prenez ... et puis je ferai le thé des moines aux fleurs des montagnes du Tibet ...
    Et puis vous pourrez parler déprime et cafard, et évoquer les merveilles de vos pays perdus ... ou on se taira, oui, on se taira ...
    Salut, M.











Eva Luna

On se taira .. ensemble...
dans un silence peuplé de fantômes
mais aussi de souvenirs
et de certitude de faire au mieux au creux de la tempête...

Faïk

#487
J'ai bien trop fréquenté les docteurs en blouse blanche pour vouloir échanger avec ceux en rose ou bleu ... Je détale comme un lapin à la vue d'un caducée...

A mon sens la douleur de la séparation n'est pas une pathologie, mais un syndrome (du hérisson ?)... et il me paraît illusoire de vouloir soigner celui-ci sans s'attaquer à sa cause première ... ce qui ne pourra jamais être.

Comme certains de mes « compatriotes » ici pas de potion magique pour moi donc. Irraisonné et irraisonnable peut-être...

Je ne m'explique pas vraiment ce choix, sinon le refus absolu d'être à côté de mes pompes, d'être encore plus décalée que je ne le suis déjà ... et la furieuse nécessité de bouger pour ne pas sombrer complètement ...
Insomnie, pétage de plombs, fatigue et angoisses sont mes fidèles amis... Parce que je le vaux mal, évidemment ...

Et sinon, comme Souci, un suicide au chocolat parfois, aussi noir que possible ... et un soupçon de dingodeuil pour pimenter le tout ...

Portez-vous bien

Faïk

Et la promesse d'un débat silencieux autour d'une tasse de thé à regarder les sangliers ravager nos jardins me convient tout à fait ...Et en ville, quelle alternative aux sangliers ? la question est d'importance ...

souci


    Un deuil par suicide...

    Par suicide ... c'est particulièrement casse-gueule d'en parler !
    Évoquer le disparu, oui ... largement et sans modération ...
    Mais "le suicide" ...
    "le suicide" ... c'est encore autre chose ...
    Et une lettre laissée aux proches est-elle fiable, exprime-t-elle les causes réelles, la profondeur de la souffrance de celui /celle qui a violemment mis fin à ses jours ? S'agit-il d'une "décision", d'une simple réponse envers la difficulté devenue impossibilité d'être au monde ?
  Quelle cruauté a donc bien pu s'attaquer à l'être qui se donne la mort !
    Des sentiments extrêmement négatifs sont légués à l'entourage, aux parents du jeune.
    Un enfer de "j'aurais dû le voir, il/elle aurait dû le dire" ...
    Une mort qui stupéfie et ébranle toutes les constructions ... oui, toutes ...
    Un cancer psychologique ...
    Pour se débrouiller et vivre "après", pour ne pas se perdre définitivement, la part de mystère, l'immense plage de mystère, cet espace où l'on ne rencontre que ceux qui partagent ce nulle-part dénué d'obligations de sens et de compréhension ...
    Sentez-vous ce vent sur votre joue ?
    La proximité des souvenirs ?
    Goûterez-vous Sainte Praline avec moi, ou Sainte Caresse d'un regard débarrassé des idées ...
    Flûte, ce n'est pas futile ... et le suicide, je veille à ce qu'il ne détruise pas tout, ah non ! Ce serait le laisser gagner !
    Votre Titine au cœur lourd ...

souci

    Des barrières qui retiennent librement:

    une belle définition de l'amour simple ... je trouve. L'amour qui protège et consolide. L'amour à deux, le couple idéal.

     Depuis la mort de mon neveu, j'éprouve l'étrange absence des barrières qui me maintenaient en un seul morceau, fût-il moitié, fût-il attaché ...

    Aimer autrement, aimer en morceaux ...
    Avec des barrières escamotables, éphémères, illusoires ...
    C'est si différent ... si improbable ...

    Presque évaporée ... presque plus rien ne me retient, dans le large sens du terme.
    Amour en miettes, en fragments, parce que la clé de voûte a cédé.
    Rien n'est assez solide à certains chocs.
    C'est comme ça.
    Bien bordéliquement vôtre, Titine.

    Pour ceux qui penseraient que j'exagère, que je n'ai perdu que mon neveu ... je leur vends des patates poul'réveillon.
    Les autres sont invités à un atelier bricolage "cristaux de neige en papier"pour une déco rêve à six sous ...
    M.
   
   

Faïk

#491
"Cristaux de neige en papier pour une déco de rêve à 6 sous"

A 6 sous ou à Souci ?


Ben moi, j'adorais faire des ribambelles en papier ... tous ces petits bonhommes ou bonnes femmes qui se tiennent par la main dans une joyeuse ronde ... Si légères, illusoires, éphémères ...  merci Souci pour le rêve de déco !

souci


   Pas de leçons sur l'Amour, l'Amitié, la Vie ...

   Des guirlandes de petits bonshommes en papier, oui ...

   Amours et amitiés fragiles forcément et qui tiennent toujours par la force de je-ne-sais-quoi d'inexplicable, au fond ...
   Oui, il y a peut-être de la métaphore du sac de thé qui rencontre les conditions de son infusion, du bon grain tombé dans la bonne terre (parabole du royaume des cieux, que les athées me pardonnent cette réminiscence de catéchisme ...)

   N'empêche, quand ça tient ça tient. Et c'est pas la mort ou des disputes ou l'éloignement qui viennent à bout d'une belle rencontre.

  Amour et amitié et vie qu'on s'évertue en vain à comprendre et analyser ...
  Et puis la perte. Ah, la perte. Voilà encore autre chose.
  A éprouver en silence, on n'entend plus que les ciseaux.

  Ne jetons pas nos restes de découpages colorés, on fera des mosaïques rehaussées de cirage ... puis buvons not'thé, il est bien infusé ...
   A tous mes amis mexicains ... M.

Romane

 Une vie d'insouciance malgré les tracas, puis vient les enfants, une autre vie, sans réellement  changer. Réfléchissant  davantage, analysant .Prend on les bonnes décisions?   Des périodes difficiles, fait on bien? Fière de mon Fils malgré nos galères. Se projeter, être solide , donner de l'amour, en recevoir, ciment indestructible? J'en étais persuadée.
Pour quoi? Que reste t'il aujourd'hui de mes heures passées a cogiter? A quoi ont elles  servi ?
Me manque mon Fils, ma vie est brisée ,éclatée , cramée, terminée.
Souvenirs inexistants, des flashs, il y a très longtemps, des heures passées a chercher des solutions pour Tom et moi. Au final a quoi çela a t'il servi?
Souci , régulièrement a la relecture , mes réponses me semblent a côté de tes messages. Excuse moi si c'est le cas. C'est ce que j'en comprends. Cerveau fracas. Je me pose ces questions, n'ose les formuler ailleurs.
Pensées

souci


   Chère Romane, ne crains jamais te t'exprimer où que ce soit, et je te lirai toujours avec bienveillance ...
   Le domaine du "sensible" est partageable dans la longueur du temps d'échange, bien plus que dans les "exactitudes" des propos échangés, c'est plutôt ma conception de l'amour et de l'amitié.
   Chacun a son vécu en lui si différent et pourtant on se retrouve dans les ressentis des sentiments ...
   T'en fais pas, les "cerveaux fracas" sont ceux que j'apprécie, les idées claires et fondées sont bien plus chelou à mes yeux que le fait de ne rien comprendre.
   Purée, est-ce qu'il y a à comprendre ?!

   Tu es fière de ton fils et tu as bien raison. Je suis fière de mon neveu et de sa famille aussi.
   Comment on aurait pu faire autrement, comment EUX, Tom et Kalahan,  auraient pu penser autrement, pourquoi l' AMOUR IMMENSE qui leur était porté n'a pas suffi ...
    Purée ch'uis comme toi, Romane, j'en sais rien.
    La vie est bien mystérieuse, et à défaut d'y chercher de la justice, on cherche du sens ... du lien ... quête inlassable ...