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Démarré par Pandor, 27 Janvier 2017 à 11:13:59

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qiguan

Citationl'attente que quelque chose se passe.
même quand on devient capable de faire des choses nouvelles ou refaire des choses ...
le signe de la part de nous qui n'acceptera en fait jamais ...
"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque" René Char

Pandor

Qui sait... peut-être un retour du christ, une guerre mondiale,  une fin du monde, ou encore une invasion extraterrestre.

Peu importe l'origine, un événement qui mettrait fin à toutes choses, surtout à la situation futile dans laquelle je (nous) me (nous) trouve (trouvons).



On a  le droit de rêver..
Vivre pour eux ou mourir pour moi ?

Stana

  Il m'est arrivé de me dire exactement ce genre de choses, Pandor. Que quelque chose survienne, n'importe quoi. Mais je dois dire que la plupart du temps, l'idée d'un changement, d'une nouveauté quelconques, en bien ou en mal, me fait plutôt peur qu'autre chose. Je tiens trop au fragile èquilibre que j'ai pus trouver, j'aurais trop peur de compromettre ce quotidien dont les gestes plus ou moins routiniers me rassurent, me donnent des repères. C'est une toute nouvelle existence que j'ai dû construire, j'ai une conscience aigue de l'"avant" et de l'"après", J'ai dû apprendre à vivre ce quotidien sans lui, au jour le jour, chaque geste, chaque acte, avoir de nouveaux repères, et les perdre pourrait compromettre ce que j'ai eu tans de mal à construire, malgrès tout. Il faut déjà très peu de choses pour me destabiliser.
  Mais d'autres jours, ces pensées me reviennent  :( :)
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

Pandor

Et c'est tout à ton honneur d'avoir su reconstruire sur un terrain calciné.

Je n'envisage pas encore la reconstruction pour ma part, je préférerais une destruction complète plutôt que partielle.  :)
Vivre pour eux ou mourir pour moi ?

Stana

  Merci Pandor  :) tu sais, cet èquilibre relatif tient toujours à un fil, il suffit d'un rien, ou plutôt ce qui serait "un rien" pour les personnes n'ayant pas le même vécu que nous, pour me destabiliser, me désorienter, voire même me faire fondre en larmes. J'ai toujours été très sensible et d'un naturel nerveux, mais le deuil a décuplé ces tendances. Je pense que je garderai ce côté ècorchée vive, mais j'ai appris à l'accepter, à faire avec, à rester stoïque autant que possible. J'ai conscience du caractère précieux de cet èquilibre, de par sa fragilité, et parce-que c'est ce que mon compagnon aurait voulu. Je ne baisse pas ma garde, au jour le jour.
  Il est encore trop tôt pour parler de reconstruction pour toi à mon avis, c'est encore tout récent. Un mieux-être apparaît timidement, petit à petit, il ne sers à rien de brusquer les choses, et puis chacun avance à sa manière.
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

Pandor

Oui il doit être trop tôt, j'espère.

J'en parle avec une psychiatre et la mort de ma petite amie réveille des problèmes bien plus profonds, elle était une véritable béquille au quotidien.

Je me retrouve avec tous les problèmes d'antan et sa mort à gérer désormais,  ce n'est juste plus humainement supportable.

La seule chose qui me fait tenir c'est cette idée de fin qui pourrait survenir précocement car à mon grand regret cet horrible événement me tombe sur le coin du visage alors que j'ai encore toute la vie devant moi et que je ne peux pas la concevoir sans elle.


Vivre pour eux ou mourir pour moi ?

Mononoké

et si l'on ne concevait pas la vie sans (elle, ou lui)...
si on arrêtait de projeter quoi que ce soit ?
ne pensons plus,
laissons la vie circuler,
la mort nous emportera quand elle le décidera,
en attendant, si on laissait faire ?
sans projet, sans rien ?
"Tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort reste la seule option". B. Marley

"Un arbre qui s'abat fait beaucoup de bruit ; une forêt qui germe, on ne l'entend pas." Gandhi

Pandor

Oui ça fait déjà 4 mois que je laisse la vie circuler et que je n'ai plus de projet.

Mais à long terme je ne serai plus sous certificat médical, je vais devoir trouver un emploi, un logement, toutes ces choses que je n'ai aucune idée de comment je vais les gérer en étant un zombie, un mort-vivant.
Vivre pour eux ou mourir pour moi ?

Pandor

8 années à me reconstruire, à croire en l'avenir, je rencontre quelqu'un qui me permet d'aller de l'avant et de cicatriser des blessures là depuis bien trop longtemps et on me l'arrache.

Je retombe dans les limbes avec sa mort en + sur la conscience, on m'a tout repris.

Comment n'a t-elle pas pu penser à combien elle comptait pour moi, aux conséquences de ses actes si jamais un malheur arrivait.

Bravo, bravo, quelle absurdité, je refuse d'accepter ça.
Vivre pour eux ou mourir pour moi ?

Stana

  Moi aussi je vis au jour le jour. J'ai quelques projets, mais le plus important pour moi est de vivre à peu près en paix jour après jour, et, lorsque ce n'est pas le cas, attendre qu'une nouvelle embellie survienne. C'est déjà beaucoup je trouve...

  Je comprends ton sentiment d'injustice Pandor. Pour ma part quand j'ai connu Pierre, mon compagnon, je venais de passer quelques années plutôt difficiles, et même très pénibles par moment. Je sortais d'ailleurs d'une histoire d'amour qui m'avait fait plus de mal que de bien et m'avait laissée dans une profonde tristesse. En plus, je buvais trop à ce moment-là. Pierre m'a redonné goût à la vie et foi en l'amour, et m'a aidée à vaincre mes divers problèmes. Grace à lui j'ai passé une année merveilleuse. Et puis, à l'instant où je m'y attendais le moins, ce drame est arrivé...fauché en plein bonheur, et moi avec d'une certaine façon... et l'attitude odieuse, la méchanceté gratuite d'un bon nombre de personnes ne m'a pas aidée. Sans la compassion, l'empathie, la gentillesse gratuite de quelques autres, tellement précieuses, je ne saurais pas ce que j'aurais fait.
  Je peux témoigner qu'au bout de 4 mois, on est encore désorienté, on a encore bien du mal à s'habituer à la vie sans l'autre, à ces nouveaux repères que l'on doit mettre en place. Ce que tu èprouve est naturel, aussi dur que ce soit.
  Je sais que je resterai fragilisée, mais j'ai aussi compris à quel point la vie terrestre est éphèmère, également fragile. Tout peux basculer en une seconde, il peut arriver n'importe quoi à n'importe qui. Face à cette prise de conscience, j'ai deux sentiments: premièrement, j 'ai appris à voire la vie comme quelque chose d'autant plus précieux que fragile, et deuxièmement, je sais qu'il peux m'arriver n'importe quoi, et je n'ai plus peur du tout de la mort, j'ai une attitude fataliste, mais pas dans le mauvais sens du terme, fataliste dans le sens où j'accepte à l'avance. J'ai la quasi-certitude que je rejoindrai Pierre un jour. Je ne suis même pas pressée, je vivrai ce qu'il me reste à vivre sur Terre. Le mieux possible j'espère, comme il l'aurait voulu pour moi.
  Je ne sais pas si je me suis bien exprimée et je sais que ça a l'air contradictoire, mais c'est bien ce que je ressens. Je n'ai pas peur de mourir, j'envisage la mort avec détachement, mais à son heure.
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

Pandor

Pour être honnête je n'attends même plus les embellies....

Je suis désolé pour ton compagnon, à croire que ça tombe sur des gens qui sont déjà fragilisés, comme si la vie s'amusait à nous malmener chaque fois que nous reprenons du poil de la bête.

Justement, je n'arrive pas aux même conclusions avec pourtant le même genre de raisonnement. Le fait que la vie soit si fragile et éphémère ne me fait que constater l'absurdité qu'il y a dans la construction de quelque chose, à quoi bon se donner autant de mal quand tout peut s'effondrer du jours au lendemain, une course après des chimères tandis que les seules choses réellement importantes nous sont occultées.

Concernant le fait que je la reverrai après la fin de ma vie, je n'en suis pas arrivé à cette certitude, j'ai passé à peu près 85% de mon temps libres ces 3 derniers mois à faire des recherches sur l'au delà. Que ça soit sur les NDE, les états modifiés de consciences, les sorties hors du corps, les médiums, les voyants, la théologie, et bien d'autres choses encore. Nous demeurons dans un flou qui est muable de par nos choix d'accorder de la crédibilité à telle ou telle chose sans jamais pouvoir poser de certitudes.

Je ne sais pas quel âge tu as, mais moi de mon jeune âge, entrant à peine dans la vie, imaginer de devoir vivre ce qu'il me reste à vivre sans elle, me terrifie. Je ne sais pas vraiment ce qu'elle aurait voulu pour moi, si ce n'est notre bonheur.

J'ai bien compris ta façon de voir les choses ne t'inquiète pas, elle est tout à fait louable.

Vivre pour eux ou mourir pour moi ?

Stana

  Moi non plus je ne suis pas certaine à vraiment 100% qu'il y a bien une vie après la mort, personne ne l'est. Ma conviction est de 99%  :) ce n'est pas une forme de déni puisqu'ayant toujours été très croyante à ma manière, bien que je ne me réclame d'aucune religion. De toute façon, si j'ai raison, un jour je le saurai, et si jamais j'ai tort, je n'en saurai rien.
  Même avec cette foi, être sèparée,  physiquement, de lui ici-bas n'a jamais été facile; les premiers mois c'était à la limite du supportable, à l'extrême limite, mais il faut croire que j'ètais capable de le supporter puisque je suis toujours là  :'( :) j'attends...paisiblement à présent, je ne suis pas pressée, mais j'ai une approche sereine de la mort. Advienne que pourra.
  J'ai 42 ans, donc statistiquement, je suis censé avoir vécu la moitié de ma vie. Cela dit, je suis loin d'être sûre d'avoir encore autant de temps devant moi que derrière moi. J'ai conscience du côté aléatoire de la vie, et ça m'est égal.
   :-*
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

qiguan

CitationMoi non plus je ne suis pas certaine à vraiment 100% qu'il y a bien une vie après la mort, personne ne l'est. Ma conviction est de 99%  :) ce n'est pas une forme de déni puisqu'ayant toujours été très croyante à ma manière, bien que je ne me réclame d'aucune religion. De toute façon, si j'ai raison, un jour je le saurai, et si jamais j'ai tort, je n'en saurai rien.
  Même avec cette foi, être sèparée,  physiquement, de lui ici-bas n'a jamais été facile; les premiers mois c'était à la limite du supportable, à l'extrême limite, mais il faut croire que j'ètais capable de le supporter puisque je suis toujours là  :'( :) j'attends...paisiblement à présent, je ne suis pas pressée, mais j'ai une approche sereine de la mort. Advienne que pourra.
tout pareil le doute parfois est un bon aiguillon pour explorer aussi
J'avais 56 ans au décès 59 aujourd'hui un âge charnière ... quelles que soient les circonstances
Ayant perdu par accident et maladie des êtres chers très tôt (à mes 20 ans) comme il y en avais eu avant dans la famille j'ai toujours vécu en sachant le côté fragile de la vie ! De plus c'était cultivé dans mon milieu : je suis fille de mineur de fond ... et des camarades d'école ont perdu leur père ...
cela marque, façonne c'est évident !
Je n'ai pas peur de la mort, j'organise ce qui sera autour de mon départ (testament funéraire cahier de passage _ http://www.joseebouchard.com/publications/livres/9-livre-carnet-de-passage.html _ directives anticipées) je ne sais si je partirai vite, brutalement ou lentement ... mais je n'ai peur que des grandes souffrances !
je suis prête !
mais Pandor tes réactions sont liées à ton vécu.
Juste qu'il faudrait que tu puisses apercevoir des fenêtres ...
une question as tu lu les livres de Martin Gray ? c'est un homme que je l'avais côtoyé lors de ma formation à l'accompagnement il a été dans ce deuil une sorte de support à ma survie, sa réaction a pu être source de réflexion pour moi, tout comme lire les autres ici !
bien affectueusement
"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque" René Char

Pandor

#268
@Stana : Oui je comprends la forme d'apaisement que tu as pu trouver. Je ne sais pas si je peux dire que je suis serein par rapport à la mort, il n'y a pas un jour où je n'y songe pas mais ce qui me terrifie plutôt c'est de devoir vivre encore des années, et des années, et des années... J'ai l'impression d'être forcé à jouer à un mauvais jeu vidéo avec l'impossibilité d'éteindre la console.

@Qiguan : Je connais au nom de tous les miens mais je ne l'ai jamais lu, il faut dire que j'ai lu beaucoup de livre en "début" de deuil mais désormais il n'y a plus grand chose qui m'apaise.

Je  veux juste retrouver ma vie d'avant, je suis plein d'incompréhensions, elle qui tremblait à l'idée que l'on doive p-e ne pas se voir pendant 2 mois (à cause du voyage avec son père) et voilà déjà 4 mois que nous ne nous sommes pas vu.

Penser que ça va être à vie me glace le sang, je ne peux même pas le concevoir.

Je me rappelle la dernière fois que je l'ai raccompagné à l'aéroport, si j'avais su... elle me manque tellement, j'en ai marre.

Merci à vous
Vivre pour eux ou mourir pour moi ?

Mononoké

Je passe te faire un petit coucou du soir Pandor,
bien tendrement
"Tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort reste la seule option". B. Marley

"Un arbre qui s'abat fait beaucoup de bruit ; une forêt qui germe, on ne l'entend pas." Gandhi