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Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !

Démarré par Federico, 05 Mars 2016 à 23:01:56

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Federico


Ce lien d'amour, filial, paternel, maternel qui perdure au-delà de la mort de notre enfant... il existe et heureusement...

OUI... parce que je saigne là sur mon tatouage-cicatrice à la vie/à la mort : Raphaël te quiero... le sang coule...les larmes aussi...

Je ne pourrais supporter qu'en une fraction de seconde... il ne reste plus RIEN !
La mort n'emporte pas tout !

La mort est alliée avec la souffrance psychologique et la douleur physique !
La mort m'a laissé ce lien d'amour pour souffrir et avoir mal !
La mort me laisse malicieusement espérer... hypocritement entrevoir de l'espoir !

La mort nous entraine inéluctablement vers elle et, en plus, elle est odieusement complice et utilise misérablement le suicide pour étendre sa fatale malédiction !

Où il est DIEU dans toute cette injustice, cette dictature du malheur ?

Où elle est la vie ?

Aujourd'hui, je pleurs ma vie... où est mon sourire ? où est elle passée ma bonne humeur ?

Il n'y a plus de soleil ni de lumière... ce soir, tout est sombre, gris, noir !

Je serre bien fort ce lien d'Amour.

B.

- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Federico


Raphaël,

Moi, je peux juste témoigner... qu'après... bien après ton suicide... La douleur est toujours aussi insupportable...
Des nausées de mal-être...
Une envie terrible de vomir... de crier mon désespoir... de hurler ma peine...
De pleurer mon fils !
Envie de dormir et de rien faire...
Ne pas avoir envie de sortir, de voir, de fréquenter, de parler, de sourire, de rire, de s'amuser, de voyager...
Ni de faire l'amour !
Ni de vivre !
Ni d'exister !
J'ai parfois envie de me fracasser... de me saouler... de me déchirer... de me brûler... de m'exploser la gueule ... pour qu'il ne reste plus RIEN de moi...
Même pas mes cendres !

Papa de Raphaël.

PS : ne vous inquiétez pas pour moi... tout va bien... le moral est au beau fixe !
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Federico



Le temps n'efface ni les mauvais souvenirs ni le chagrin ni la douleur ni la souffrance !
Le temps est injuste car il creuse un fossé physique de plus en plus large et désespérant...
Le temps me donne la terrible sensation qu' IL s'éloigne impitoyablement...
Le temps m'emmerde et je l'emmerde aussi...
Le temps me fait chier...

On me conseille de le "laisser partir"...  alors que je ne veux absolument pas...  cette idée me trahit...
IL n'est parti qu' une seule fois sans me dire au revoir et je pense que ça sera la dernière...
Une mais pas deux ! ça suffit comme ça !
Je veux le garder près de moi... égoïstement... je n'ai plus confiance !

Quotidiennement, j'aurai besoin de le voir pour qu'il me parle, me taquine, me motive, m'encourage...
ou inversement ... que je lui parle, le taquine, le motive, l'encourage...
IL n'est plus là et je ne peux plus rien faire !

C'est un immense manque...
IL manque à ma vie...
IL ne me raconte plus ...
IL ne me nourrit plus...

J'ai faim et j'ai soif...
Une cruelle émotion...
Quelle punition !

Je sais... avec le temps qui passe... tout est fini... mon chéri, mon amour !

Pourtant, ce temps maudit... il durera ce qu'il durera... c'est mon destin...

Je suis terriblement meurtri par toutes les blessures de la vie...
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Federico


JE RESPECTE LE CHOIX DE RAPHAËL... JE N'ACCEPTE PAS SA DECISION...

Raphaël est libre... il n'appartient à personne !

Mais, je ne peux accepter l'inacceptable !
Je ne peux accepter son départ définitif, son suicide !
Je ne peux accepter de le laisser partir comme ça !
Je ne peux accepter de ne plus le pleurer !

J'aurais voulu avoir l'opportunité de le retenir...
J'aurais voulu lui parler...
J'aurais voulu connaître son désespoir...

Je n'ai aucun sentiment de culpabilité mais de la colère... oui !, de la frustration... oui ! sentiment d'impuissance... oui !

La souffrance est née à cause de cette séparation inacceptable qui est due à sa décision inacceptable de se suicider !

Je respecte mais je n'accepte pas !

Je ne crois pas en Dieu !
Je ne crois pas à l'au-delà !

Raphaël s'est suicidé... j'ai brûlé vif quand on me l'a annoncé !


LUI c'est fini ! c'est terminé ! je ne peux plus rien faire !

Moi c'est presque fini ! presque terminé ! un dernier tour... en souvenir !

Pour moi... pour lui !


Papa de Raphaël
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

souci


   Il n'y a rien qui puisse nous consoler, je sais.

   Raphaël t'aimait,
   (encore que l'emploi du passé est lié à notre malheureuse perception du Temps, qu'en est-il réellement des dimensions qui nous entourent ?)
   Il a choisi la mort pour lui sans savoir que son choix entraînait l'enfer pour toi.
    Souvent, je me raccroche à l'idée que Kalahan, dans le mystère de son suicide, n'a pas voulu créer NOTRE malheur.
   Alors je me dis que si souffrir de son absence est normal, que c'est mon Amour qui s'exprime, mais aussi mes manques et mes frustrations, je me dis que transcender l'atrocité et éprouver POUR LUI, en Sa mémoire, de la joie inconditionnelle, c'est aussi lui rendre hommage ...
   Je sais la difficulté d'une telle ... simplicité ...
   Pensées pour toi, Federico, amititi, solidada, M.

vol du papillon

Ne dites pas à une mère(ou un père)
Qui a perdu un enfant
Quelque soit son âge,
De tourner la page,
La douleur est bien trop amère
C'est lui faire une insulte immense.
Seuls, ceux qui ne sont pas parents
Sont à l'abri de la souffrance.
Nul ne sait ce qui peut arriver
De quoi notre avenir est fait.
Ne la(le) jugez pas, ne la(le) conseillez pas
Surtout ne dites pas : passez à autre chose
Pour elle( lui) la vie ne sera plus jamais rose
Elle(il) le voudrait qu'elle(il) ne pourrait pas
Oublier cet être qui fut cette  lumière
A laquelle  elle(il) adresse d'ardentes prières
Elle  les a portés neuf mois
(sa femme l'a porté neuf mois)
Ils sont la chair issue de sa chair l
Son sang coule dans leurs artères
D'un coup, ils ont quitté la terre
La(le) laissant dans le désarroi
L'amour est perpétuel,    
Son grand  chagrin est immortel
La punition éternelle

Je ne sais comment ni pourquoi je survis, tout simplement parce qu'il  il me reste sa sœur ainée aussi détruite que moi et nos animaux, mais la souffrance, le désespoir surpasse la logique et l'amour de ce qui est sur terre... Parfois plus rien n'a d'importance. Pourquoi tant d'injustice, pourquoi cette malédiction.
Fédérico, nous parents endeuillés, nous sommes condamnés à les pleurer ,car ils sont nos enfants pour toujours, et il est important de ne jamais les oublier et de leur rendre hommage.


Federico


Merci, merci beaucoup...

Je suis désolé... pardonnez moi, je n'ai ni la force ni les mots pour vous répondre ! bientôt... j'espère !

Je vous remercie encore infiniment pour vos messages de soutien  !

Je suis déjà en pleine période de rentrée de septembre et d'anniversaire de " sa naissance"... période extrêmement difficile à revivre émotionnellement !

Mon désespoir est "Grand" pour Raphaël... mais j'ai choisi la vie pour moi et "vivre avec" mon fils Andreas.

Demain sera un autre jour... mais, en attendant, je ne veux pas fuir...
Je laisse la douleur m'envahir... elle est omniprésente, obsédante... et cette douleur existe parce que j'ai aimé... j'aime toujours passionnément.

Je revendique cette souffrance... elle symbolise désormais notre "Lien d'Amour" qui est à vie ! éternel... immortel...

Federico
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Federico


AIMER son enfant et avoir la certitude de MOURIR avec cet AMOUR ETERNEL.. magnifique sourire d'apaisement !

Papa... Maman... les personnes inconsolables à jamais que nous sommes...

Je verserai mes dernières larmes en pensant à Raphaël...
Je vivrai mes dernières minutes en pensant à mes fils...
Je dédierai mes derniers sourires à ma mère...

Cette vérité absolue j'ai la chance de la vivre intensément à chaque instant présent.

OUI, je revendique mon chagrin, ma douleur, ma souffrance qui sont la preuve de mon amour infini!

OUI, je dois VIVRE POUR MOI... je suis obligé de vivre pour moi !

Bien Amicalement.
Federico
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Federico


Oui, je crois que j'ai vraiment besoin du silence et de la solitude de la NUIT !

Je dois dormir un peu le jour pour pouvoir réfléchir et penser  la nuit !

Je suis plus serein et c'est dans la nuit obscure que je laisse enfin s'exprimer mes tensions quotidiennes !

L' émotionnel, le sentimental... c'est plus mystérieux la nuit... dans la sombritude du chagrin !

Les souvenirs, je les laisse s'éloigner... partir au loin ! je ne veux pas les fuir... je ne veux plus les retenir !

Ce qui peut me sauver : le détachement car je ne peux ni veux oublier... c'est ainsi ...

Les émotions ressurgissent souvent... et dans ma peine, je ressens quand même aussi un peu de réconfort à écrire pour moi... pour les autres !
C'est aussi peut-être "ça" guérir un peu... écrire pour soi avec l'espoir de guérir un peu en offrant ses mots...
Des mots tristes, mélancoliques... humblement, je vous donne mes mots... puissiez vous les accepter, les lire...

Federico
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Federico


À la nuit


Nuits où meurent l'azur, les bruits et les contours,
Où les vives clartés s'éteignent une à une,
Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour
Descendent mollement et dansent à la lune.

Jardin d'épais ombrage, abri des corps déments,
Grand cœur en qui tout rêve et tout désir pénètre
Pour le repos charnel ou l'assouvissement,
Nuit pleine des sommeils et des fautes de l'être.

Nuit propice aux plaisirs, à l'oubli, tour à tour,
Où dans le calme obscur l'âme s'ouvre et tressaille
Comme une fleur à qui le vent porte l'amour,
Ou bien s'abat ainsi qu'un chevreau dans la paille.

Nuit penchée au-dessus des villes et des eaux,
Toi qui regardes l'homme avec tes yeux d'étoiles,
Vois mon cœur bondissant ivre comme un bateau,
Dont le vent rompt le mât et fait claquer la toile.

Regarde, nuit dont l'œil argente les cailloux,
Ce cœur phosphorescent dont la vive brûlure
Éclairerait ainsi que les yeux des hiboux
L'heure sans clair de lune où l'ombre n'est pas sûre.

Vois mon cœur plus rompu, plus lourd et plus amer
Que le rude filet que les pêcheurs nocturnes
Lèvent, plein de poissons, d'algues et d'eau de mer
Dans la brume mouillée agile et taciturne.

À ce cœur si rompu, si amer et si lourd,
Accorde le dormir sans songes et sans peines,
Sauve-le du regret, de l'orgueil, de l'amour,
Ô pitoyable nuit, mort brève, nuit humaine !...

Anna de Noailles, Le Cœur innombrable, 1901


- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

souci


   Merci encore pour ton mot d'hier, j'étais ...
   en plein traumatisme de destruction ...
   Parfois je n'arrive plus à croire qu'il peut arriver des choses bien, que la normalité est de tout perdre d'un coup.
   C'est le réflexe de l'animal battu, qui à la moindre perception d'un geste brusque, s'attend à s'en ramasser "une" ...
    La confiance en la Vie se restaure petit à petit, mais le CHOC a été plus fort que tout, "logiquement", nous ne devrions plus être là, c'est dur de trouver des raisons de vivre "correctes" et un psychisme "sain"!
    Enfin, je sais que tu comprendras un peu mon charabouilla ...
    Je pense bien à toi ... si t'as un ptit creux, goûte les bonnes brioches que j'ai reçues de loma ... bye, M.
   

Federico


De ma blessure a jailli un fleuve de liberté. "F"


Aujourd'hui, ce qui me caractérise parfaitement ... ce sont les 4 livres du Dr Christophe Fauré :

1 - Vivre le deuil au jour le jour

Ma "bible" d'endeuillé... après avoir lu et relu le livre... à lire au hasard de la page ouverte quelques lignes tous les jours ...

2 - Après le suicide d'un proche

Mon livre "préféré"... de chevet... et d'auto-flagellation... après avoir lu et relu le livre... à lire au hasard de la page ouverte quelques lignes tous les jours...

3 - Le couple brisé

Mon livre du moment... livre "passionnant", "d'aventures romantico-nostalgiques"... à lire et à relire surtout le début du livre où j'ai été l'absent, le largué, l'abandonné... de ce couple brisé par l'autre...
Je suis directement arrivé à la page 105 du livre qui concernait la troisième étape : au cœur de la tempête !

Auparavant, je n'avais pas été averti ni par l'introduction : quand l'amour s'achève...
ni par la première étape : le temps du doute ...
et j'ai encaissé passivement la deuxième étape : l'annonce de la rupture !

Aujourd'hui, je suis concerné par la quatrième étape : un temps de convalescence et de réflexion...
Et enfin, j'espère un jour... la cinquième étape : vers un nouveau départ...

4 - Ensemble mais seuls

OUI, ensemble avec ma Famille mais seul... ensemble avec mes Amis mais seul... ensemble avec quelques rares amies fidèles-membres de ce Forum mais seul...

Tout seul avec mon immense désespoir, ma peine, mon chagrin, ma douleur, ma souffrance... silence & solitude !

Semaine triste, mélancolique...  "avant"... au temps du bonheur !......... "depuis"... j'espère désespérément...

Solidairement.
Federico
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Liesel

Oui,nous sommes ensemble et seuls face à notre douleur, notre incompréhension, notre deuil.
Oui, je crois qu'un nouveau départ est possible.
Sinon, à quoi bon? Tout ça pour ça! NON
Je crois en un horizon, en un avenir, en nouvelle vie possiblement heureuse et apaisée malgré tout. Seulement, quand? Car, oui, il faut se montrer patient, et aussi, bienveillant envers nous mêmes.

Pensées et amitié Federico, bises
Liesel
Je choisis la vie, en ton nom Alexandre, mon fils,  pour honorer ta mort

Federico


Bonjour Liesel,

Il y a toujours de l'ESPOIR et une immense SAGESSE dans tes mots...

OUI, OUI, OUI... tu as bien raison... il faut continuer à croire en une "nouvelle vie possiblement heureuse et apaisée."

Tes écrits me soulagent et sont importants pour moi.

Oui, il faut de la bienveillance envers soi ... et prendre bien soin de soi...

NOUS avons toutes et tous nos propres limites... soyons conscients de nos limites...

TOUJOURS AVEC TOI.

Amicalement et Solidarité.
Bises.
Federico
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Liesel

#1664
MERCI Federico, pour tes mots et ta présence, et aussi, d'être tel que tu es, d'exister, encore, toujours.

Tu as raison, nous avons tous nos limites et il faut en tenir compte, ne pas les nier, les cacher, les rejeter.
Prenons soin de nous, individuellement, et collectivement.

Chaque vie a de la valeur, sans doute naissons-nous inégaux face à elle. Inégaux en terme de pulsions de vie et de mort. Alors, certains ne font pas face.
Essayons du mieux que nous pouvons de prendre soin de nous et de nos morts précocement et injustement partis. Célébrons la vie qui coule en nous doublement. Et restons indulgents envers nous-mêmes.

Ensemble et seuls, seuls et ensemble.

Bien à toi mon ami, tu as mon soutien.
Liesel
Je choisis la vie, en ton nom Alexandre, mon fils,  pour honorer ta mort